LIVRE SIXIÈME
Dans vos pàtis touffus où le gazon se couche, Les grands troupeaux épars mangent à pleine bouche. Sur les tertres à pic, sur les versants herbeux, Génisses au tlanc rond plus fortes que des bœufs. Taureaux au fanon lourd qui bondissent comme elles. Brunes vaches de Schwitz aux pesantes mamelles, Tout ce rare bétail à qui sont chaque jour Des soins intelligents donnés avec amour, Ces beaux types à tout un large voisinage Étendent leur bienfait, propageant leur lignage; Et mordant au cytise ou bien au serpolet. Font au profit de tous de la chair et du lait. Or, votre austérité, dans un humble partage, Prélevant tout au plus la dîme du laitage. Laissera pour autrui (souvent pour les ingrats Qui vous disent oisifs) la fleur des troupeaux gras ; Et vos oisivetés seront plus productives Que nos ambitions stérilement actives...
Et quand viendra le jour de l'éternel adieu, Vous aurez travaillé pour les hommes et Dieu.