LIVRE SEPTIÈME
« France, soldat do Dieu !...»qui parle ainsi ■?Schakspeare ;
France, soldat de Dieu, que la justice inspire,
Sur tous les champs de deuil où tes morts ont semé,
Quelque chose de grand tôt ou tard a germé.
0 fastes criméens, épopée homérique !
0 luttes sans repos sur les plages d'Afrique !
0 splendides efforts sous des cieux dévorants!
Trente ans n'a-t-on pas vu nos jeunes vétérans,
Pousser toujours plus loin contre la barbarie,
Le fer prédestiné de la grande patrie?
Sur les rocs calcinés où se bronze leur peau.
Civilisation ! ils plantent ton drapeau !
Chaque heure, dans leurs rangs, voit un héros qui tombe
Sans que nous ayons même un laurier pour sa tombe ;
Seulement à chaque heure, une famille en pleurs.
Prend, des mains de la mort, sa coupe de douleurs,
Et baisant une croix, débris de l'humble gloire.
Dans un deuil éternel consacre une mémoire!...
Mais le dessein de Dieu cliemine néanmoins, Et sa loi se propage, eux martyrs ou témoins ; Et leur généreux sang, sur la plage inondée, Enfante une victoire ou féconde une idée...
A toi ce souvenir, frère qui dors là-bas. Frère, soldat obscur, grand dans d'obscurs combats. Combien ont, comme toi, dans une mort stoïque, Emporté le secret d'un destin héroïque ! Combien pour cette France, où toute douleur sert, De leur cendre perdue ont sacré le désert! Combien, ainsi, pour nous qui côtoyions l'abime. Devinrent l'holocauste et le rachat sublime !
Et puis, est-ce là tout? Navons-nous pas ailleurs, Plus près, nos légions de mâles travailleurs. Qui de nobles sueurs arrosant la poussière. Tourmentent sans répit la terre nourricière? Ce rude agriculteur qui, dès le point du jour,