LIVRE SEPTIÈME
Et dotant à jamais le front de ses élus, Du magique rayon qui ne s'efface plus ; La gloire, cette amie austère de la tombe, Aube qui bien souvent ne luit qu'à ce qui tombe. Splendeur réparatrice ouvrant parfois l'azur Au sage épris de l'ombre, au bienfaiteur obscur, Tandis qu'elle abandonne au vent, comme fumées, De fugaces lueurs, hier grandes renommées; Reine des jours futurs dans l'idéal humain, Que laitière Équité conduira par la main, Auguste visiteuse, ailleurs plus attendue, La gloire ! ô mes héros ! elle vous est bien due.
Eh, que n'est-ce aujourd'hui, je le dis plein de foi, Un maître, un fier penseur, tout autre enfin que moi, A qui soit le devoir d'inscrire dans son livre, Des noms vraiment bénis, des noms dignes de vivre^ Et qu'un beau vers, hommage entre tous mérité, Eût dû garder vivants pour la postérité?
Mais pourquoi ces retours au regret que me laissé L'idéal entrevu dont s'éprit ma faiblesse!
Toute tcàche acceptée, il la faut accomplir ;
Toute œuvre est un devoir qu'il convient de remplir.
A moi donc de graver, comme au front d'un portique,
Quelques-uns des beaux noms du Panthéon rustique,
Afin que si ces chants me survivent d'un jour,
Au profit des meilleurs ils répandent l'amour.
Et d'abord, gloire à toi, maître! — Olivier de Serre!
La louange à ce nom est-elle nécessaire?
0 collaborateur zélé du vieux Sully,
Ton livre ferme et bon put-il craindre l'oubli?
Du plus grand de nos rois serviteur sans salaire,
Agent d'un grand ministre entre tous populaire,
Au bien sacré de tous, actifs, purs, dévoués.
Vos efforts à tous trois furent toujours voués ;
Aussi qui n'aimerait cette œuvre magistrale,
Prêtant un si fier style à la ferveur rurale,
Ce Théâtre immortel, aux fécondes leçons.
Où tu fis resplendir la gloire des moissons !
Ah! cherchant près de toi le savoir sans système,
On ne t'admire pas uniquement, on t'aime t