LIVRE SEPTIÈME
Guyot, viticulteur plein d'attrait, et Gayot L'hippique, aussi charmant à lire que Guyot, Et ces propagateurs des animaux d'élite, Et Dampierre et Behague et Pluchet qu'on imite ; Puis ceux qui nous ont dit les mystères du sol : Ghevreul, Nestor aimé, Barrai, Boussingaut, Moll, Dumas, Pasteur, de qui l'œuvre déjà bénie. Contraint les moins fervents d'acclamer le génie; Et vous enfin qu'on voit, placés près du pouvoir, Prêter à l'action le concours du savoir ; Vous! et ceux que j'omets, impuissant à tout dire; Vous tous qu'un môme amour à la culture attire, Et qui, pour maint esprit à l'erreur asservi. Réhabilitez l'art que vous aurez servi, Oui ! votre mission est à bon droit louée ; Et c'est avec orgueil que je l'ai saluée ; Et c'est avec bonheur qu'à vos efforts divers J'adresse, obscur témoin, l'hommage de ces vers.
Parmentier! avant tous dans ce tribut sincère. J'ai nommé Parmentier près d'Olivier de Serre;
Et ne pouvant donner juste part à chacun, J'y reviens pour que tous soient honorés en un. Oh! gloire à Parmentier! Quel conquérant sublime, Quel héros, quel vainqueur illustre et magnanime, Quel fier triomphateur, orgueil du genre humain, Sut octroyer jamais, d'une puissante main, Au monde, du besoin éternel tributaire, Don plus grand que le sien? Oui! la pomme de terre!
Oui, doter l'indigent, dans son morne réduit.
D'un mets toujours nouveau, d'un pain presque gratuit;
Pour la mansarde étroite et l'étroite chaumine.
Avoir, du même effort, supprimé la famine ;
Des hameaux aux cités partout, avoir enfin
A tout jamais rompu le blocus de la faim.
Oui, ce triomphe obscur, ma raison le préfère
Au gain ensanglanté d'un nouvel hémisphère !
Si l'humble solanée, odieuse autrefois,
Fut pourtant agréée à la table des rois.
Et si, par chaque jour que le ciel nous envoie,
Pour le foyer du pauvre elle est une humble joie.
Si sa rustique chair, des cités aux hameaux
Nourrit en même temps l'homme et les animaux.
C'est que des sots dédains par un grand cœur vengée.