‹ Le poème des champsChapitre 133 sur 181 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

Trente ans avec amour elle fut propagée.

Mais fut-on juste au moins pour le bienfaiteur? Non!

Car déjà le bienfait ne garde plus son nom,

Et nous vimes bien tard, de gloire revêtue,

Aux yeux d'un peuple ému s'élever sa statue.

Injustice! N'importe! il faut toujours au bien Dévouer, sans calcul, son cœur de citoyen; Il faut toujours marcher où le devoir vous mène, En comptant aux profits l'ingratitude humaine. Des ingrats, n'en a pas qui veut. Quiconque en fait Eut du moins le bonheur de semer le bienfait.

Mais revenons au but qu'il convient de poursuivre.

Je vais où mon dessein m'appelle dans ce livre ;

Et pourrais-je à présent vous oublier, ô vous

Qui pour le pays cher à mon amour jaloux,

Sur le terrain rural, seuls, sans maîtres, sans guides,

Fites vers le progrès les premiers pas rapides?

âoO LE POEME DES CHAMPS

Novateurs bienfaisants en cet effort ardu,

A qui donc notre honimge eùt-il été mieux dû?

C'est pourquoi, dans ces vers presque émus je vous nomme

Vous d'abord, Macbeco, notre grand agronome !

Alleret, votre gloire, et qui n'a pas déchu,

En bonnes mains encore beureusement échu,

Alleret qui montra le premier dans nos plaines,

Et luzerne et sainfoin et trèfle à granges pleines,

Et les froments géants et les puissants labours,

Alleret vous raconte et vous louera toujours.

XVIIÏ

Un nom ! un nom encor qui soi-même se loue ! Mon pays avec moi nomme Bertrand de Doue. Admirable vieillard à l'esprit toujours vert, Oui durant soixante ans, comme un beau livre ouvert Où ses contemporains s'instruisirent sans cesse, Prodigua vos leçons, ô Savoir! ô Sagesse!

Aux combats du progrès toujours au premier rang. Ce doyen vénéré, ce noble vétéran,

Page 1