LIVRE SEPTIÈME
Les COucours, ces tournois, ces joutes magnifiques,
Où vont se rencontrer des lutteurs pacifiques.
Où triomphe et revers dotent également
Et vainqueurs et vaincus d'un même enseignement ;
Où chacun se faisant une prompte science,
Par les yeux en un jour conquiert l'expérience ;
Où les plus maltraités, sans accuser le sort,
Tous ensemble, et de cœur, applaudissent l'effort;
Où, tombant de la main d'un juge qui l'honore,
La prime au lauréat sourit plus belle encore;
Où le même banquet convie au même honneur
Auprès du paysan le dernier grand seigneur;
Où notre France enfin constate chaque année
Sa richesse à grandir noblement obstinée.
Et forme-, triomphante, en un faisceau commun,
Son trophée opulent des gerbes de chacun ;
Oui, ce fut une large et bienfaisante idée
Par un heureux élan promptement fécondée,
Et tout agriculteur, comme je fais ici, A ce seul souvenir, répétera : Merci !
Sur un autre terrain j'ai)()lauclirai de même
Aux spectacles offerts. L'élu du rang- suprême
Eut sa ferme, où la main qui tint le gouvernail
Du monde, put toucher Thumble oulil du travail ;
La charrue à vapeur, les larges défonceuses,
Tous les engins nouveaux, faneuses et faucheuses.
Sous les yeux d'un public, juge expert du succès,
Obtinrent le grand jour pour leurs premiers essais ;
Les animaux d'élite et de races superbes,
Des grands parcs de l'Etat paissaient les hautes herbes
Bientôt, leur descendance, au loin se propageant,
Etendit le bienfait d'un choix intelligent;
Et, grâce à ce début, grâce à l'utile exemple,
Vers la production plus précoce et plus ample^
Avant que de longs jours ne fussent révolus,
Le pays tout entier put faire un pas de plus.