‹ Le poème des champsChapitre 139 sur 181 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

Que VOUS demandent-ils ces bienfaiteurs agrestes?

Leurs vœux sont bien bornés, leurs désirs bien modestes :

Pour soi, pour tous les siens, contre un ciel assombri

Sous la tuile ou le chaume avoir un sûr abri ;

Sans luxe, sans hochets, sans rien de ce qui brille,

Récolter largement le pain de la famille ;

Après avoir vieilli dans le labeur ardu,

Prendre, au soir, un instant d'un repos si bien dû ;

Garder à ses foyers ainsi rendus prospères,

Intact et révéré le culte de ses pères ;

Et, l'absence des maux ayant fait le bonheur,

S'endormir sans regret dans la paix du Seigneur,

Tel est, loin de la sphère où plane l'impossible.

Le petit idéal qu'il faut rendre accessible,

En appelant toujours à. des progrès meilleurs

Ce peuple du travail et des vrais travailleurs.

Pour eux tous, sur le sol dont le contact honore,

Si l'on a fait un peu, qu'on fasse plus encore.

Si l'on a fait beaucoup, penseurs ! vous savez bien

Qu'on le leur devait. Eux, ils ne doivent plus rien,

Eux qui, pour une vague et lointaine espérance,

Font à tous les pouvoirs ce don divin : La France !

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