‹ Le poème des champsChapitre 146 sur 181 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Le pain fut noir souvent; plus d'une fois enfin, C'est le plus dur ceci, les enfants eurent faim, Et votre pauvre femme, épuisée ou malade, Pour endormir la faim chantait quelque ballade. Oh! je vous plains, allez! je voudrais bien pouvoir... Mon Dieu, vous le savez, ce n'est pas le vouloir Qui fait défaut; mon Dieu! Je vous plains et j'endure Aussi, moi, tous les maux qui vous font l'heure dure. Je souffre comme vous, et je pleure avec vous; Mais je prie, et prier, ô mes enfants, c'est doux! Mais je dis du profond de mon cœur : Notre Père! Et quand j'ai bien prié la foi répond : Espère! Faites, faites ainsi; priez quand vous pleurez, Priez quand vous souffrez, et vous espérerez : Et le saint crucifix, symbole d'espérance, Vous montrera le ciel à travers la souffrance. »

« 0 Père tout-puissant qui demeurez aux cieux, Béni soit votre nom, à toute heure, en tous lieux ! Que votre règne saint parmi nous s'établisse ! Que votre volonté sur terre s'accomplisse,

Ainsi que dans le ciel. Veuillez, dans votre amour, Donner à nos besoins le pain de chaque jour; Comme nous pardonnons leurs offenses aux autres, Daigne votre bonté nous pardonner les nôtres ; Dans nos tentations écartez le péril.

Seigneur, et gardez-nous du mal. Ainsi soit-il. »

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D'une voix tendre et grave ainsi parla le prêtre.

Bientôt seul, je laissai la foule disparaître,

Et m'abîmai longtemps dans ce simple discours ;

Et l'heure s'écoulant en des rêves trop courts,

Me sentant pénétré d'une amitié profonde,

Pour ces hommes de paix à la tâche féconde,

Dont le digne pasteur avait si bien fait voir

Et le sort sans sourire et l'austère devoir.

Je me dis : Oui, c'est là, dans leur étroit domaine,

Qu'CvSt, en sa vérité, la destinée humaine!

Et toi ! vierge au front pur comme les fronts d'élus,

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