‹ Le poème des champsChapitre 149 sur 181 · LIVRE HUITIÈME i · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME i

La iàclie est accomplie, et l'œuvre enfin s'achève.

Combien c'est beau toujours le poème qu'on rêve !

Mais à qui de nos jours écliut-il d'y trouver Tout ce que l'idéal nous donnait à rêver? A défaut de grandeur, à défaut de génie, Il y fallait partout prodiguer l'harmonie; Et l'harmonie a fui quand la réalité Cassa brutalement l'aile au songe enchanté. Entre cette nature immense et souveraine, Toujours jeune, toujours pure, toujours sereine, Toujours belle! et le cœur par l'orage troublé, Le cœur tombé du haut de sou ciel étoile, La vie, hélas! avec ses rudes alternances, La vie a suscité tant d'âpres dissonances ! La nature reste une ; et le cœur tourmenté N'a plus les grands accords et la grande unité;

De nos émotions cherchant en vain la trace, L'âge mùr a perdu la candeur et la grâce ; Et la jeunesse est loin, emportant le secret De semer sans compter le sourire et l'attrait.

11 faut donc, à l'aveu cruel je me résigne, Il faut donc qu'un plus jeune, un plus pur, un plus digne Reprenne un jour mon œuvre, et fasse sur mes pas, Hélas! ce que j'aurais dû faire et ne fis pas.

Oh! qu'il soit jeune et pur comme l'heure d'aurore. Où toute voix au ciel monte en hymne sonore ! Qu'il soit suave et doux, qu'il soit suave et pur, Comme un ruissellement de soleil dans l'azur! Qu'il soit doux et soit fort, qu'il soit fort et soit libre 1 Qu'il ait un cœur profond où le sens de Dieu vibre. Un cœur gardé toujours, comme un don de haut prix, Loin des haines et loin des amours de mépris. Sous le nimbe éclatant de sa candeur première

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