‹ Le poème des champsChapitre 153 sur 181 · DIX ANS APRÈS · texte numérisé non relu

DIX ANS APRÈS

Quand j'écrivais ces vers, quand j'achevais ce livre, La France était heureuse et belle avec fierté. Dans l'orgueil de la chair elle se sentait vivre ; Et le monde adulait sa force et sa beauté.

Facile, complaisante à toutes les caresses, Dédaigneuse des voix qui lui criaient: assez! Elle buvait à flots les terrestres ivresses Et dormait sur la foi des rêves insensés.

Le châtiment veillait. Écrasant coup de foudre De nos prospérités il a brisé l'essor.

Nos plus fiers bataillons ont roulé dans la poudre; Et la plaie à nos flancs béante, saigne encor...

La terrible leçon sera-t-elle perdue?

Dans l'épreuve de feu saurons-nous rajeunir?

29i2 LE POÈME DES CHAMPS

France qu'aima le Christ, grande race éperdue, Verras-tu pour tes fils renaître un avenir?

Moi je garde la foi qui toujours fut la mienne; Et plus haut que jamais je redis pour adieu : Refaisons une France agricole et chrétienne, Peuple ! et relève-toi le soldat de ton Dieu!

Le Droit aura subi la plus mortelle entorse. Le Droit ne peut mourir; la France prie et croit. On nous a dit : Le monde appartient à la force; Je réponds : Dieu survit. L'avenir est au droit.

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