DIX ANS APRÈS
Quand j'écrivais ces vers, quand j'achevais ce livre, La France était heureuse et belle avec fierté. Dans l'orgueil de la chair elle se sentait vivre ; Et le monde adulait sa force et sa beauté.
Facile, complaisante à toutes les caresses, Dédaigneuse des voix qui lui criaient: assez! Elle buvait à flots les terrestres ivresses Et dormait sur la foi des rêves insensés.
Le châtiment veillait. Écrasant coup de foudre De nos prospérités il a brisé l'essor.
Nos plus fiers bataillons ont roulé dans la poudre; Et la plaie à nos flancs béante, saigne encor...
La terrible leçon sera-t-elle perdue?
Dans l'épreuve de feu saurons-nous rajeunir?
29i2 LE POÈME DES CHAMPS
France qu'aima le Christ, grande race éperdue, Verras-tu pour tes fils renaître un avenir?
Moi je garde la foi qui toujours fut la mienne; Et plus haut que jamais je redis pour adieu : Refaisons une France agricole et chrétienne, Peuple ! et relève-toi le soldat de ton Dieu!
Le Droit aura subi la plus mortelle entorse. Le Droit ne peut mourir; la France prie et croit. On nous a dit : Le monde appartient à la force; Je réponds : Dieu survit. L'avenir est au droit.