DE LA DEUXIEME EDITION XXIX
.... L'Académie e^t parfois embarrassée, dit-on, dans le choix des ouvrages qu'elle a mission de couronner : le Poème des champs doit avoir la rare fortune de réunir spontanément tous les sufl'rages. Quant à moi, si j'avais ce pouvoir, je voudrais en faire une édition populaire assez nombreuse pour que chaque instituteur des communes rurales de France pût en recevoir un exemplaire. Les disciples de ces humbles écoles, tous ces enfants destinés aux rudes travaux des champs, pourraient ainsi apprendre par cœur tant de passages de ce grand livre, qui leur enseignerait avec charme à mieux apprécier l'excellence de la vie agreste, et à mieux l'aimer.
(VAi'Uste.)
M. Arsène Houssaye, dans le journal la Presse, avait salué avec la même chaleureuse sympathie la nouvelle œuvre rustique :
Si je n'ose pas, a dit M. Houssaye, si je n'ose pas encore écrire que le Poème des champs est tout à fait un chefd'œuvre, je dirai du moins qu'il a bon nombre des grandes qualités qui font les chefs-d'œuvre. Il a l'originalité, la spontanéité, l'émotion profonde, une intimité pénétrante avec la nature, un certain souffle vivifiant qui vient des montagnes, et au milieu d'incorrections quelquefois brutales, on ne saurait dire quelle parenté virgilienne dont plusieurs des meilleurs juges ont été saisis...
.... Il est certain qu'à mon sens, nul encore en France n'a lait autant songer à Virgile. Mais ce qu'on aimera tou-