‹ Le poème des champsChapitre 23 sur 181 · DE LA DEUXIÈME ÉDITION XXXVII · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITION XXXVII

J'établis donc en toute sincérité le bilan de mon livre; j'ai dit les profits, j'avouerai les pertes.

On a reproclié au Poème des champs de mantjuer un peu de composition : à cet égard je n'ai pas grand'chose à répondre. Je suis pourtant bien forcé de me rappeler que pour avoir enfermé le poème des Saisons et celui des Mois dans un cadre rigoureusement déterminé, Saint-Lambert et Roucher ont été blâmés de trop de symétrie; ils ont encouru le reproche de manquer de prime -saut, de laisser-aller, d'abandon, le reproche de roideur et de froideur.

On a également blâmé le Poème des champs d'abuser parfois des familiarités du langage vulgaire; et, disons tout dans une seule phrase, d'appeler trop crûment les choses par leur nom : or s'il eût dû faire autrement, le poème n'eût pas eu de raison d'être. L'auteur ne l'aurait pas écrit.

Mais, a-t-on dit, il lui fallait, tout en restant simple et vrai, relever constamment par l'élégance du langage les vulgarités du sujet.

Certes, si j'eusse su m'acquitter de cette lâche, je n'y aurais pas manqué... mais... un autre sans doute fera mieux.

Enfin et pour conclure, quelques critiques farouches

l'REKACE

ont cru devoir déclarer à l'auteur qn'il u'élail pas Virgile. L'auteur le savait, hélas! et personne ne le déplore plus que lui ,

Mais voici que celte préface est déjà bien longue ; il serait temps de la justifier s'il est possible, et de finir.

Elle se justifie, ce me semble, par le désir, par le besoin que j'avais, que je devais avoir, d'exprimer ici toute ma gi'atitude aux critiques éminents qui auront fait le succès du Poème des champs, à l'Académie qui l'a distingué, à ceux de MM. les membres de l'Académie qui l'ont honoré d'un patronage spécial.

J'aurais peut-être à me demander, il est vrai, si j'ai le droit de nommer ces protecteurs d'une œuvre dont leur sufl'rage aura fait le principal lustre.

Mais comment les remercier, si je ne les nomme pas ? et comment ne les pas remercier ? Comment ne pas donner à ces pages la consécration d'un devoir si naturel et si facile?

MM. P. Lebrun, Sandeau, de La Prade, Legouvé, deMontalembert, de Pongerville, deBarante, Viennet, Nisard, Dupanloup, Berryer, Patin, Sainte-Beuve, Vdlemain, me permettent donc, j'ose le croire, d'ins crire ici leurs noms et de leur exprimer ma vive re-

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connaissance, pour les encouragements et les'précieux conseils que j'ai reçus de la plupart d'entre eux, pour l'accueil dont je suis redevable à tous, pour une bienveillance dont les témoignages divers gardent un prix si exceptionnel à mes yeux.

Une dette encore à payer, et je finis.

Je dois un dernier remerciement à de vieux amis dc- |)uis longtemps perdus de vue, à de gracieux poètes qui m'ont adressé des vers ou leurs livres, et même à des correspondants inconnus, qui ont tenu à faire acte de sympathie pour une tentative douteuse encore.

Ai-je à dire combien j'ai été heureux, mais surtout ému, de pareils témoignages ? Il ne m'était pas interdit d'en conclure que mes vers pouvaient avoir la double et enviable fortune de faire goûter les idées, les prédilections, l'effort agricole du poète, de faire aimer le poète lui-même.

Et ne serait-ce pas \k la plus douce récompense d'une œuvre de conviction, d'amour et de foi?

Cn. C. DE L.

Sénilhac, décembre 1863.

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