‹ Le poème des champsChapitre 24 sur 181 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ARGUMENT

Au laboureur salut! — Que la nature révèle sou aLileur; — Gloire à Dieu! — Objet du poème. — Horizon du poète; — Paysage d'été; — L'œuvre agricole; ses bienfaits. — Honneur à la charrue! — Que l'agriculture est le chantier de tout vrai progrès. — Le progrès chrétien et les utopies. — La France agricole et chrétienne; — Son vrai devoir. — Loi primitive du travail imposée à l'homme; — Appel à tous. — Programme d'agriculture progressive. — Majesté des champs. — Grandeur du sujet. — Invocation du secours d'en haut. — L'intention, le but et le vœu du poète.

Intrépide soldat d'une modeste armée, Soldat qui meurs sans gloire et vis sans renommée, Conquérant méconnu du sol qui te nourrit, Dans un siècle douteux, sain de corps et d'esprit,

Qui seul gcirdes toujours, sous une rude écorce, Le sang vierge, la sève humaine dans sa force, 0 toi, qui vis et meurs où le ciel le voulut, Aine de la patrie, ô laboureur, salut!

A vous salut aussi, vallons, plaines, montagnes, Foyers de toute vie épars dans les campagnes; Salut, tièdes guérets qui couvez le trésor ! Salut, terre d'amour, d'où jaillit l'épi d'or!

0 terre! ô laboureur! ô richesse suprême! C'est vous que, d'un vers libre et franc comme vous-même, C'est vous, votre œuvre immense et vos mâles efforts, Bienfaits, labeurs, combats du sol dur, des bras forts, C'est vous, cœurs et sillons où germe l'espérance. Vous que je veux chanter, car c'est chanter la France!

Donc, je vais me complaire au plus humble détail Du ménage des champs, du rustique travail.

Page 1