‹ Le poème des champsChapitre 30 sur 181 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Je crois, je sais, je vois, j'afBrnic le prof^rôs

l»acifiqiie et fidèle à loiis les intérêts.

Qui, du jour où la loi d'en haut longtemps trahie.

Parmi nous, fils d'Adam, sera mieux obéie.

Où nous comprendrons mieux les ordres surhumains

Qui nous donnent la terre à rompre de nos mains.

Pourra, domptant la faim, amoindrir la misère.

« Hélas! dit-on, la faim, c'est le mal nécessaire! » Chrétien, moi je réponds qu'en son règne infini Dieu ne se donne pas à lui-même un déni ; Dans le rude chemin que suit la race humaine Dieu ne recule pas et c'est Dieu qui nous mène ; Enfin, au cœur de tous, comme un bien pressenti, Dieu seul mit l'espérance et Dieu n'a pas menti.

XIU

Mais qu'on le sache aussi, car notre âge l'oublie. Le progrès sans le Christ, c'est mensonge ou folie. Tout progrès qui n'est plus, quel qu'en soit le milieu,

La gravitation de l'homme vers son Dieu; Tout rêve ambitieux cherchant dans l'Impossible Un Idéal nié par l'arrêt de la Bible ; L'Idéal où le Christ ne guide point nos pas, 0 rêveurs! est un leurre, un mirage. Il n'est pas.

Le fait vivant s'impose à votre orgueil fragile :

Le seul progrès réel est fils de l'Évangile.

Le croyant se souvient, car ce fut dit pour tous,

Que nous aurons toujours des pauvres parmi nous.

Il sait qu'étant déchu, l'homme doit, dette austère,

Les sueurs de son front aux produits de la terre,

Et que dans la douleur, comme Eve aux premiers jours,

La femme avec terreur enfantera toujours.

Donc le livre sacré nous dit et je proclame

Qu'il est également pour le corps et pour l'àme,

Pour tout individu, pour toute nation,

Un régime normal, la destination

Par le Très-Haut voulue et par lui révélée.

Que l'homme impunément n'aura pas violée;

Mais croyant, mais sachant que tout le reste est vain,

Aspirer vers un mieux conforme au plan divin,

Vers une Chanaan bénie, et plus prochaine,

Pousser le genre humain en allégeant sa chaîne.

LIVRK PREMIER 21

Eu Dieu mieux obéi chercher l'ordre et le bien, C'est le droit, le devoir, c'est le progrès chrétien.

Moi je rêve une France agricole et chrétienne ! Une France, Seigneur! qui de cœur t'appartienne, Qui place au premier rang, sans lutte, sans débats, Le plus noble labeur que l'homme ait ici-bas; Qui sachant le temps prompt, la vie expiatoire. Ambitionne moins de luxe et moins de gloire, Et combatte, Seigneur! dans un effort normal. Pour ton dessein sacré, contre l'assaut du mal; Une France agricole, une France chrétienne Sur toutes volontés, ô Dieu ! plaçant la tienne, Où l'amour sous le nom divin de Charité, Réciproque et vivant, soit une vérité ; Qui fasse aux plus petits, ces bien-aimés du temple, Le sort toujours moins dur et le banquet plus ample; Et qui, voulant sur terre atténuer la faim, Ait les champs fécondés pour recours, Dieu pour fin!

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Ail ! dans cette patrie auguste et magnanime,

Pouvant des plus grands cœurs combler l'espoir sublime,

Au sein de cette France où croîtrait, doux et fort,

Le dévoueinent martyr qui va jusqu'à la mort,

Où toute haine impie, au regard du bon maître.

Comme un germe brûlé mourrait avant de naître,

Qu'importerait alors la forme des pouvoirs?

Chefs et soldats, chacun cherchant les grands devoirs.

Toute aristocratie y serait paternelle,

Toute démocratie y serait fraternelle ;

Dans la même espérance un peuple réuni,

Le pauvre étant aimé, le riche étant béni,

Aurait enfin compris les deux voix, double étude.

Disant à l'un : bienfait! à l'autre : gratitude!

A l'un : donner est bon; à l'autre, aimer est doux;

A tous : Dieu c'est le Père, et le ciel est pour tous !

C'est là le vrai; telle est ma foi, la foi profonde, Invincible, immuable où mon espoir se fonde.

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