‹ Le poème des champsChapitre 31 sur 181 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Oui! plus Dieu restera présent au sens humain,

Plus Thomine aura son but visible en son chemin,

Plus il ira, gardien des antiques lumières,

Se faisant un devoir conforme aux lois premières,

Plus aussi ce déchu, conquérant la pitié,

Portera sans effort sou sort amnistié ;

Et plus, grâce au secours suprême et nécessaire,

11 lui sera donné d'amoindrir sa misère.

Car le labeur prescrit, et prescrit à toujours

Par le révélateur qui domine les jours,

Ce travail, le premier de tous, qu'idéalise

La foi, seul ici-bas nourrit et moralise;

Et de son action multipliant l'effet,

Sauve l'àme et le corps dans un double bienfait ;

Et la France et le siècle orageux où nous sommes

Hors de là ne verront jamais, parmi les hommes.

L'abondance, la paix, rayonner en tout lieu

Aux bénédictions souriantes de Dieu.

0 puissants! ô penseurs! notre patrie est belle! I.esol n'est point ingrat, l'esprit n'est point rebelle.

A qui lient en sa main le levier du pouvoir, Pour y faire le bien il suffit de vouloir. Eh! quelle impulsion féconde, créatrice, Pourrait donner de haut une main protectrice. Dès qu'on saurait vouloir, dès qu'on saurait aimer Tout ce peuple à nourrir, tous ces champs à semer... Tâche auguste, où la peine elle-même a son charme, Et qui fait des heureux sans coûter une larme !

Voyons! vous les puissants! les penseurs, les docteurs,

SuRSUM corda! venez! soyez les protecteurs

De ce grand intérêt qu'on vante et qu'on déserte,

Flagellez rudement l'absentéisme inerte ;

Résidons davantage. Ouvrons, tournons les yeux,

Ouvrons, tournons les cœurs vers cet art précieux

Qui transforme en épi l'effort qu'on lui confie,

Partout où pour nous tous le froment fructifie.

Où vit le paysan, de si peu satisfait.

De notre intention répandons le bienfait;

Un seul mot, un conseil, une prime modeste;

Faisons donc quelque chose et Dieu fera le reste!

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