‹ Le poème des champsChapitre 32 sur 181 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

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Et voyez quel programme! humble dans le détail, Par l'ensemble infini! Le fumier, le bétail; Ce qu'il faut transformer en herbages immenses ; Ce qu'il faut essayer de nouvelles semences; Accroître et combiner les engrais; pour les eaux, Où peut naître un fourrage amener les ruisseaux ; Aider le courant vide avec l'écluse pleine ; Reboiser la montagne et rassainir la plaine ; Marier à l'humus avide de ferment La marne ou le calcaire en large amendement; Primer les grands versoirs, la fouilleuse, la bêche; Honorer le vaillant qui bat le roc en brèche, Défricheur sans repos, cœur ardent et jaloux, Qui dispute au néant ce qu'il conquiert pour tous ; Donner à ces héros vieillis au rude ouvrage. Un sourire, un salut qui leur dise : courage!... Quel rôle bienfaisant, facile, glorieux!

Puis encore et surtout, un effort sérieux

Dans le monde mural!... Là que de deuils occultes!

Là combien de jachère et de friches incultes!

Uh! pourchassons sans trêve, à toute heure, à tout prix,

Après l'oubli de Dieu, cette mort des esprits,

Après l'amer dédain des saintes espérances,

Tous les instincts honteux, toutes les ignorances,

Tant de cupidités qui trahissent parfois

L'égoisme lui-même égaré par leur voix,

La rage des procès, prodigue dor et d'encre,

L'ivresse, ce poison, et l'usure, ce chancre...

XVIU

Mais le moyen, dit-on ? Le procédé certain

Pour porter l'action en milieu si lointain ?

Contre le mal visible à tout esprit sagace,

Où chercher, où trouver le remède efficace?

Pas de chimère, pas d'erreur, d'illusion,

Où trouver le remède, où porter l'action?

— Des réserves? mon Dieu! Je les tiens pour sensées.

Je ne crois pas non plus aux grandes panacées.

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