‹ Le poème des champsChapitre 36 sur 181 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Vanité du savoir! Sans ta foi, sans ta flamme,

0 Christ ! c'est le néant qui règne et monte à l'àme !

En vain les plus hardis à tenter le bonheur

Ont vanné dans leur main, comme fait le vanneur

Ne trouvant que l'ivraie en son blé qu'il émonde,

Dans le creux de leur main les sagesses du monde ;

Le mauvais grain trié, que vous restera-t-il,

Ambitieux du Rien, conquérants de l'exil,

Qui vous précipitez sur des pentes funèbres.

Altérés de néant, affamés de ténèbres.

Parce qu'ayant soufflé sur le divin flambeau,

Vous avez le besoin de flnir au tombeau,

Et que pour boire en paix vos ivresses amères,

11 vous faut renier le Credo de vos mères!...

0 nous tous qu'a poussés l'aquilon du désir Vers l'idéal menteur qu'on croit toujours saisir. Nous tous qui trop longtemps avons pu méconnaître

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Quel doux altrait réside au lieu qui nous vit naître , Bannis qu'aurait gardes, dans quelque obscur manoir, Pour de calmes bonheurs, le rustique devoir, Et qui sans savourer ce dont le cœur s'enivre, Voulions épuiser tout eu nous hâtant de vivre, Que mieux il eût valu dans un coin de nos bois, Vivre obscurs, oubliés, ignorants, et parfois Pleins du souffle du Dieu qui bénit l'ignorance, Poètes par le cœur, l'amour et l'espérance!

Après un sombre essor vers les grands inconnus Heureux du moins, heureux ceux qui sont revenus; Heureux le nautonier qui, sauvé du naufrage. Éteignit dans son cœur l'àpre soif de l'orage ; Heureux le passereau qui, sur les tlots mouvants, De récifs en récifs battu par tous les vents, Vient enfin, détrompé des lointains qu'on ignore, S'échouer, tout meurtri, dans un nid tiède encore! Oh! le nid maternel où l'amour, doux vainqueur,

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