‹ Le poème des champsChapitre 37 sur 181 · LIVRE DEUXIÈMP · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈMP

(loiiva sous les baisers l'éclosion du cu'ur!

0 nid, famille, abri, refuge où, toujours tendre.

Le bel ange gardien veilla pour nous attendre!

Donheur des jeunes ans qui ne peut s'oublier,

Dont nul autre bonheur n'a su nous délier,

Car le plus humble objet dans l'invisible trame

Des jours passés, se prend au plus vif de notre àme;

Famille, abri, refuge où le plus éprouvé,

Dans sou meilleur sommeil, a tout au moins rêvé

(Puisque le désespoir lui-même en rêve espère)

De voir son premier-né béni par son vieux père !

Sol des premiers regrets et du dernier désir,

Où l'élu du savoir et l'élu du plaisir,

Où Faust comme Don Juan a dit au toit de chaume :

c( Qui donc me fera roi de ton petit royaume?

Être roi du vallon, du ruisseau vif et clair,

îloi des chansons d'oiseaux qui gazouillent dans l'air,

Roi de la grotte obscure où dort la nonchalance,

Etre roi de l'oubli, du repos, du silence!...

0 moisson souriante à l'œil du moissonneur !

0 soleil mûrissant la gerbe du bonheur !

Brises qui soupirez comme les mandolines,

Enivrantes senteurs qui venez des collines,

Toun'es des geuêls d'ur, joyeuses d'enibauuior,

Toit de chaume abritant le pâtre heureux d'aimer, D'aimer! et plus encor, de prier et de croire, Et d'ignorer, Dieu bon! jusqu'au nom de la gloire! Grotte, vallon, chaumière, où le cœur put guérir, C'est là qu'il fallait vivre, il y faudra mourir! »

Ainsi Faust et Don Juan, ces géants de la vie. Dont l'àme s'est lassée avant d'être assouvie, Dans le deuil éternel des grands espoirs trahis, Gardent aussi ta plaie, ô doux mal du pays !

Oui! de tous les frissons dont l'àme humaine vibre. Parmi tous les sanglots qui déchirent sa fibre, Parmi les beaux émois et les chères douleurs Qui baignent un front pur du baptême des pleurs. Quel frisson, quel sanglot, quel émoi, quelle ivresse Amère, mais féconde en intime tendresse, Quel deuil plus résigné, plus noble, plus touchant, Parce qu'il est sans fiel incompris du méchant.

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