LIVRE DEUXIÈML
Et puis, dans l'existence humble et patriarcale, La demeure sans faste et la table frugale Comptent aussi leurs jours de grandeur et d'orgueil; D'illustres passagers y reçurent accueil. Quelquefois, le prélat qu'on aime et qu'on vénère Se fera du hameau l'aumônier ordinaire, Et, bénissant l'effort dont il connaît le but. De son amour des champs nous payera le tribut. Quel beau jour, Monseigneur, pour toute la famille! Vous paraissez, l'éclair du cœur dans les yeux brille; Les beaux petits enfants, joyeux autant que nous, A votre tendre appel grimpent sur vos genoux ; Du droit de la plus faible, alors, Jeanne s'empresse Et quête en souriant la première caresse; Et, cependant que Berthe aspire à la croix d'or, Fernand baise l'anneau que vous tendez encor. Tableau charmant et doux, dont le cœur se pénètre ! Jésus semble présent. Après le divin maître.
i)H LE l'OilME DES CHAMPS
Vous répétez, heureux d'.aimer cl de bénir, « Laissez, laissez à moi les tout petits venir! » Ils viennent, Monseigneur, ils savent votre porte, La veuve, l'orphelin, petits de toute sorte, Les plus petits, le pauvre et le déshérité, Ceux que nul ne connaît hormis la charité!...
Du plateau transformé que sa visite honore,
Le révéré pasteur peut contempler encore,
Émergeant de l'azur, le roc pyramidal,
D'un gracieux colosse imposant piédestal.
Oui, là-bas dans la brume est le pic de Corneille,
Où surgit désormais, gigantesque merveille,
Bronze sanctifié, de gloire constellé,
La Vierge, reine et mère au front immaculé.
J'ai nommé votre amour, votre longue espérance,
Votre orgueil, Monseigneur, Notre-Dame de France!
Audacieux projet, flère réalité;
Rêve fait monument! (fAivre où la piété