LIVRE TROISIÈME 7H
Ailleurs, uq bon gros porc anglais, face gourmande.
Blanc et rose et charmant pour l'école flamande,
De son groin large et court, noyé dans son gros cou,
Flaire si la pcàtée arrive vers son trou;
Tandis que dame truie, amorçant de caresse
Ses petits yeux chinois- clignotant dans leur graisse,
Des plus doux grognements qu'amour ait inventés
Rappelle ses gorets épars de tous côtés.
Gorets n'écoutent point : l'un, courant en maraude.
Avec concupiscence autour des froments rôde ;
Un second, cachant mieux son tragique dessein,
S'essaierait volontiers à croquer un poussin,
Et, certes, n'en ferait qu'une mince bouchée,
Si d'un bec menaçant la poule effarouchée
Ne paraissait pouvoir, en ce cas hasardeux.
Au ravisseur sournois manger un œil ou deux.
Les autres, se faisant un idéal plus sage,
Dans les goùls de leur caste et les jeux de leur àgc
74 LE l'UÈME DES CHAMPS
Pliilosophiquemeiit limitent leurs désirs, Sur un mode amphibie alternent leurs plaisirs, Et, dans le frais bourbier où se pavane une oie, Clapotant, barbottant, s'en donnent à cœur-joie.
Telle la basse-cour, que dore un chaud rayon. Valait bien un regard et trois coups de crayon.
Avec un droit plus ample à ma sollicitude, L'étable ici demande une tout autre étude.
Espoir du sol actif, amour du bon fermier, C'est là qu'est le bétail, là l'usine au fumier; Le bétail, don vivant par qui Dieu livre à l'homme Du travail, et le lait, et la chair qu'il consomme ; Le fumier, l'aliment du pain; réel trésor! Fange où l'œil clairvoyant voit ruisseler de l'oi'l Le fumier, le bétail, combinaison profonde, Dont le bienfait sans tin, en nourrissant le monde,