‹ Le poème des champsChapitre 50 sur 181 · LIVRE TKOISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TKOISIÈME

Mais où vont s'égaranl, Muse! tes longs efïbrts, Pour n'avoir su traduire en vingt vers pleins et forts, En vingt vers inondés de jour, baignés de flamme, Les grandes vérités qui m'éblouissent l'âme?

Hàtons-uous! revenons au fumier, au bétail, A la ferme où sourit encor l'humble détail. Hâtons-nous ! revenons à la cour, à l'étable. Veaux, vaches et taureaux sont là, toujours à table, Mais laissant un moment le trèfle et le maïs, Pour reposer sur nous leurs gros yeux ébahis.

En sa rusticité primitive et profonde, Avec son mufle rose, avec sa robe blonde, Sans mélange d'Aubrac ou du Salers voisin, Voici dans son cachet le pur sang du Mezenc, Famille peu connue et rarement décrite, Qui montre ses défauts en voilant son mérite.

Oui, nos sujets seraient plus souvent admirés,

Si, sortant de plus loin el d'aïeux plus titrés.

Oisifs efféminés, faits pour l'engrais précoce,

Ils nous venaient tout droit d'Angleterre ou d'Ecosse ;

Mais nos rudes pays labourent sans chevaux;

Et nos bœufs au labour craignent peu de rivaux;

Mais notre race enfin nous rend plus d'un office;

Le lait, le trait, la chair, c'est triple bénéfice ;

Et dùt-on n'amoindrir qu'un senl de ces produits,

Par les beaux croisements nous serions peu séduits.

Très souvent, de la sorte, en son milieu champêtre Une race indigène aura sa raison d'être ; Bien que les grands savants, qui jugent de très haut. Aient prononcé contre elle un arrêt par défaut.

Notre race, d'ailleurs, est encor toute neuve : Nul, intelligemment, ne la mit à l'épreuve. Nulle sélection durable n'a lente

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