‹ Le poème des champsChapitre 51 sur 181 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

De fixer, d'épnrer sa force et sa I)oiité.

Le progrès, s'il existe en quelque meilleur type,

Est un fait isolé, sans Ijase, sans principe.

Tout est encore à faire!... Et pourtant, regardez,

Tous ces reproducteurs sont-ils bien dégradés?

Ne sauraient-ils, devant nos maîtres, trouver grâce,

Et lutter quelque jour avec toute autre race?

Portant haut, bien campé sur un jarret d'acier, Trapu, tout près de terre, encore un peu grossier, Croupe longtemps étroite, et déjà suffisante; Le rein large et suivi, l'encolure puissante. Le garrot s'évasant en un large plateau, L'épaule nette et forte à porter un château, La poitrine, en sa cage, ample et si bien à l'aise Qu'il faudrait l'admirer dans une bête anglaise, Sobre et fort, patient et dur, bon travailleur, A ce point qu'un Salers à peine fut meilleur, Lent à croître, mais apte à la graisse à tout âge, Tel est le pur Mezenc, taureau demi-sauvage ; Et tel voici Gaillard, roi de mes basses-cours, Sultan de mon troupeau, connu dans les concours. Lauréat de renom, vainqueur en deux batailles, Et qui n'est pas plus fier ayant eu deux médailles.

Aux vaches maiiilenanl! Qui leur refuserail, Un sourire amical, un regard d'intérêt?

La vache ! pacifique et bonne créature ! Philtre- mystérieux des dons de la nature ; Alambic distillant l'herbe et les fleurs pour nous; Mamelle appétissante où boit la soif de tous; Flanc fécond, qui, donnant à la ferme ravie Ou la crème ou le croît, nous prodigue sa vie, La vache, ô doux enfants, qui lui refuserait Un regard, un sourire et qui ne l'aimerait?

Bonne bète aux yeux bleus, celle-ci c'est la Blanche; Son lait intarissable en blanc ruisseau s'épanche. Et le jet écumeux crépite, ruisselant.

Aux parois d'an seau neuf fait de bon bouleau blanc. PauvreBlanche! elle est vieille, elle est maigre et point belle, Les bouchers n'ont ici de dédain que pour elle;

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