‹ Le poème des champsChapitre 52 sur 181 · LIVRE THUISIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE THUISIÉME

Sa corne lisse et courte et son cuir souple et lin

Ne les séduisent pas; elle mange à sa faim

Cependant, et ses os meurtrissent sa litière.

Oui! mais c'est encore là ma meilleure laitière;

Elle donne par jour vingt litres de bon lait.

Que d'autres plus longtemps fassent mieux s'il leur plait,

D'autres n'auront point fait un plus noble service ;

Tout petit, mon P'ernand la nommait sa nourrice ;

Et maintes fois, vraiment, la Blanche mérita

Ce titre qui la fit chérir et lui resta.

Fillette de quatre ans peut la traire à sa guise. Son regard bienveillant sourit cà qui l'épuisé ; Et, de la sorte, enfants! n'est-elle pas pour vous De la maternité l'emblème obscur et doux?

Donc, qu'elle soit moins belle et plus vieille, il m'agrée, Doux amis, qu'elle soit toujours la préférée Puisqu'elle est toujours bonne, et qu'ici comme ailleurs, Nous devons aux plus beaux préférer les meilleurs, Et que chacun, dès lors, récoltant ce qu'il sème. Nous faisons tous justice en aimant qui nous aime.

8i2 LE l'UbME DES CHAMI'S

Ainsi, dans la culture aux mille aspects divers, Rien de bas, rien de vil ou d'indigne des vers; Partout un peu d'amour, jusques sur la matière Planant et souriant, ennoblit l'œuvre entière ; Pour qui sait voir, d'ensemble, et la cause et l'effet, Aux soins les plus grossiers germe encore le bienfait; Le fumier, ce mystère incompris du grand nombre. Garde plus d'un secret merveilleux à son ombre, Et dans ses alambics, désespoir des savants, Élabore la mort au profit des vivants.

A son insu, docile aux volontés du maître, L'animal accomplit sa loi sans la connaître ; Et l'ordre souverain manifeste et constant. Dans ce milieu rural s'aflQrme à chaque instant. Faisant dire au penseur ému près de la vache. Qu'où l'homme a le devoir l'animal a sa tâche, Et que l'être et la chose elle-même ont reçu De haut leur rôle obscur, souvent inaperçu.

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