‹ Le poème des champsChapitre 57 sur 181 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Mais, qu'aux nobles espoirs donnanl leur vrai soutien,

Le maître ail pris conseil de son cœur de chrétien,

Dévoué sans relâche au rachat de la plèbe

Qu'un pacte au jour le jour asservit à la glèbe,

Prodiguant le conseil et, s'il le faut, l'argent,

Qu'il reste là présent toujours et dirigeant,

Dans un juste partage et dans le travail libre,

Le salaire aussitôt à l'effort s'équilibre ;

Le colon, du chômage affranchi par degré,

Prenant sa part des fruits qu'il augmente à son gré,

Dans le sol qu'il tourmente, enfin capitalise

Une part des sueurs dont il le fertilise.

Et ne se verra plus étranger dès demain

Au bienfait des moissons que fit naître sa main.

Vous qui n'avez pas su le dur labeur de vivre ! Vous à qui tout sourit, vous que la vîe enivre, Vous, heureux d'ici-bas! dont le corps amolli D'une feuille de rose accusera le pli ;

Vous pour qui l'idéal du bonheur accessible, Resplendit vaguement aux bornes du possible; Vous, de qui le désir superbe et monstrueux Rêve les monceaux d'or, les palais fastueux, Les doux farniente, langueurs de la paresse, Et les satiétés d'une opulente ivresse, Non, vous ne savez pas, vous n'avez pu savoir Quels sérieux bonheurs et quel modeste espoir Rayonnent tout à coup dans une humble chaumine, Quand, vainqueur désormais du froid, de la famine, Sans souci du chômage au caprice incertain, Joyeux, croyant à peine à son nouveau destin, Le journalier d'hier qui prend un pied sur terre, Métayer aujourd'hui, presque propriétaire. Sous un toit assuré qui du Nord le défend, Abrite enfin sa femme et son petit enfant.

Hier, au travail nomade et qui souvent l'exile, H demandait encor le pain, le toit, l'asile ;

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