LIVRE TKUISIEME Uo
Voilà, sans y compter le plus rond des marmots, Un cheptel au complet décrit eu quatre mots. « Quoi! c'est là, direz-vous, toute la métairie? C'est bien peu! » C'est assez pour qu'un destin sourie, i*our qu'un couple sauvé puisse croire au bonheur, Et, sur le sol conquis, rendre grâce au Seigneur.
Et c'est assez encor pour qu'une ample défriche D'engrais et de travail à chaque instant plus riche, Sur des blés plus épais et plus hauts tous les ans, Puisse faire ondoyer des épis plus pesants. Le maitre, cependant, pour une sage impense. Ici, trouve à son tour sa juste récompense, Puisque, grâce aux colons, le sol mis en valeur Grossit d'abord sa part comme il grossit la leur. Or, bien que divisant le travail et les terres. Ce régime fécond en œuvres salutaires, Aux désastreux effets du vrai morcellement^ Par l'unité de vue obviera constamment.
DG LE POÈME DES CHAMi'S
Le maître est toujours là; — dans ses fermes voisines
11 peut faire à son gré circuler les machines ;
Il réprouve ou choisit l'instrument, l'animal ;
Il impose la loi d'assolement normal;
Il introduit, suivant les besoins, œuvre immense!
Avec l'outil nouveau la nouvelle semence.
Chaque jour au progrès il offre un nouveau don.
Hier, le blé de Noé, l'Ikling ou la Chardon,
Bien que dame routine en secret se révolte,
Essayés avec soin, ont doublé la récolte;
Ces engrais précieux, naguère encor perdus,
Chiffons, cendres, plâtras, au plus vil prix vendus,
Les os, le sang, les chairs, débris d'équarrissage.
Mêlés avec la suie et d'un facile usage,
Demain feront merveille; et, de l'exemple épris.
Les braves métayers auront bientôt compris.
Et chacun de la sorte, en un pacte équitable,
Portant au bien commun son tribut profitable.
L'un donnant ses sueurs, l'autre, avec son argent.
Dispensant les leçons d'un art intelligent,
Le colon a trouvé, dans un accord prospère.
Le despotisme heureux d'un bienfaiteur, dun père,