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\'ons ne pouvez partout, en des œuvres actives, l'itendre en même temps vos initiatives ; De même, le colon souvent sera contraint De concentrer sa tàclie en un cadre restreint. Eh bien, sans ajourner vos projets aux calendes, Sans perdre de longs jours à respecter les landes, A laisser d'humbles champs improductifs pour tous, Variez les moyens, cherchez autour de vous, Vous trouverez encor plus d'un hardi manœuvre Prêt, dans un autre pacte, à tenter une autre œuvre. A de vaillants piocheurs, chômant sur le pavé, Concédez, je l'ai fait et m'en suis bien trouvé, Concédez pour deux ans, pour deux récoltes pleines, Les plus ingrats quartiers de vos douteuses plaines; Deux récoltes et trois, s'il le faut! Donnez-leur, D'autant plus que le sol aura moins de valeur, D'autant que l'entreprise offrira moins de chance, Donnez ! sachez donner un secours, une avance,
Et VOS plus tristes champs, conquis à peu de frais, Dans l'or des blés nouveaux souriront au progrès.
L'hiver ! voici l'hiver, la gelée et le givre,
Les jours aux longues nuits, les jours si durs à vivre;
Et voici le chômage ; et sous chaque humble toit,
L'oisiveté forcée, au foyer presque froid
Où de pauvres enfants se groupent pêle-mêle.
Amoindrit chaque soir le pain de la gamelle.
Dans les champs d'alentour tout se tait, tout est mort. Plus haut, vers les sommets la bise siffle et mord. Des files de canards, de cigognes, de grues, Dans un ciel gris de plomb promptement disparues, Passent; leur cri strident heurte en vain l'écho sourd; Le silence répond. Deux corbeaux au vol lourd, S'abattent pesamment sur la plus haute cime D'un mélèze qui penche effaré sur l'abîme; La rafale grandit, la rafale les prend,
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Les secoue et les jette à son rude courant! ('onime deux noirs lambeaux, avec la feuille morte, De ravin en ravin le tourbillon les porte, Et leur sinistre appel va se perdre au vallon Parmi les aboiements rauques de l'aquilon.
Plus près du gîte humain, du hameau, du village, L'arbre Semble pleurer sa gloire et son feuillage. Dans le fourré touffu qu'égayait la chanson, Avec l'aile du vent glisse un acre frisson; Tout ce qui vivait là joyeux, pimpant, agile. L'oiseau chanteur, l'insecte ailé, la fleur fragile. Tout ce qui bruissait dans un rayon d'or clair, Comme si des baisers eussent frémi dans l'air, Tout ce qui murmurait, sous la mousse ou la feuille. Ce bout d'hymne aux beauxjours, que chaque brise cueille. Harmonieux concert que l'écho répétait.
Tout sommeille ou se meurt, tout grelotte et se tait, l'ai le givre affublé d'une fourrure blanche,
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L"écureuil inquiet saute de branche eu branche,
Et, le jeûne déjà lapprivoisant un peu,
Il s'aventure au comble où fume un petit feu ;
Le merle hérissé cherche, à travers la haie,
Du genièvre au sorbier une dernière baie;
Le passereau, perclus de misère et de froid.
Picote un dernier grain dans le chaume du toit;
Là-bas, dans le sentier que le coteau domine,
Le troupeau, sans courage, avec lenteur chemine,
Et le pâtre transi marche silencieux,
Sous le grésil aigu qui lui crible les yeux;
Tandis que, tourmentant son manteau qu'elle gontle,
La bourrasque mugit comme un géant qui ronfle,
Et mêle aux cheveux gris du résigné marcheur
De la neige en flocons la précoce blancheur.
Or le bon travailleur que l'oisiveté lasse, Près des tisons éteints ne peut rester en place; Il entr'ouvre la porte, et là, debout au seuil,