‹ Le poème des champsChapitre 81 sur 181 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Aux jours brumeux d'octobre, à la saison dernière,

Laraire ayant partout creusé sa vaste ornière,

Largement abreuvé des vapeurs de l'éther

Le sol s'est ameubli sous la herse de fer.

Tandis qu'un bon bouvier trace un dernier sillage,

Au bain de vitriol, énergique chaulage,

Le semeur a trempé son grain tout un long jour,

Et puis il le confie humide au frais labour.

Dans son sein généreux, inépuisable, immense. Aima parens, la terre a reçu la semence ; Elle a senti la herse et le poids du rouleau. Elle attend maintenant l'air, la chaleur et l'eau,

Doux miracle ! ce grain que le sillon renferme, Ce grain mort va revivre et sent gonfler le germe; Dans son obscur sépulcre il aura tressailli ; 11 éclate, il s'entr'ouve et le germe a jailli.

La végétation, étrange chrysalide,

Se meut, du sol plombé rompt la croûte solide,

Et le frêle brin d'herbe altéré de soleil,

Au frisson du malin, cherche le jour vermeil.

Voici l'hiver vaincu. Sous l'édredon de neige.

Doux, épais, soyeux, souple et chaud, qui le protège

L'humble et naissant gazon, d'où sortira le blé,

S'est mis d'abord à l'aise, a fait souche et tallé.

Vienne donc le printemps aux brises attiédies !

Les végétations sous le froid engourdies,

S'éveillant tout à coup, mystérieux dessein!

Sentent déjà courir la sève dans leur sein.

Le bourgeon veut partir, et les floraisons blanches.

De leur givre embaumé veulent charger les branches.^

Et la nature où tout a son projet charmant.

Prodigue avec amour l'épanouissement.

0 larmes des matins, que le zéphyr essuie. Souffles puissants d'avril, rayons mouillés de pluie,

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