‹ Le poème des champsChapitre 95 sur 181 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Ainsi l'oblation de quelques-uns pour tous

Brise aux mains du Très-Haut le dard de son courroux;

L'humble rédempliou par l'obscur sacrifice

A murmuré : «Pitié! » quand Dieu grondait : «Justice. »

Les cœurs qui du Calvaire ont compris la leçon,

De leur temps, de leur peuple acquittent la rançon.

Et votre grande voix, Seigneur! la voix sublime

Qui jette l'épouvante aux fureurs de l'abime,

Donnant à sa puissance un monde pour témoin,

Dit aux fléaux vengeurs : « Vous n'irez pas plus loin; »

Sur les débris éparsj sur les mornes rivages Où la trombe écumante a roulé ses ravages, Dune lueur d'espoir rassérénant les yeux, L'arc-en-ciel, ce sourire, apparaît dans les cieiix; Le Dieu trop outragé se souvient qu'il est père. L'homme a dit : « Grâce ! » Dieu répond à l'homme : « Espère! » Dans l'ordre et la beauté, dans les splendeurs du jour

Hesploaclil de nouveau rimpérissable ainuur. Donc, ô frères aimés, courage encor, courage! Cultivateurs; allons! revenez à l'ouvrage; Ne désespérez point, ô mâles travailleurs; Après les jours d'effroi viendront les jours meilleurs.

Vous verrez les saisons, après leur deuil austère, Joyeuses, acquitter la dette de la terre, Payer tous vos labeurs, réparer tous les maux, Et rendre enfin la joie aux plus mornes hameaux.

Et vous qu'un sort béni, durant l'horrible épreuve, A soustraits aux fureurs de la foudre et du fleuve, Vous, les plus diligents! par des efforts nouveaux Allons ! sauvez encor les fruits d'autres travaux ! Les durs travaux, pour vous ce sont les belles fêtes! Gloire à Dieu, paix cà vous, devant vos moissons faites ! Le fourrage odorant et le grain bien nourri Sous vos toits protecteurs sont enfin à l'abri.

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