LE LIVRE ET L'HOMME
C'est moi que tu tiens et qui te tiens. Des pag-es je saute dans tes bras...
Cette force vive de rayonnement et d'attraction que dégagent les versets des Feuilles d'herbe — façon très particulière qu'a ce livre de nous révéler sa beauté — semblerait tout d'abord issue de tous les points indifféremment du vaste poème. Il est commun de ne pas découvrir à première vue que cette irradiation émane d'un foyer unique d'où elle s'épand, comme projetée par un puissant réflecteur, jusqu'au moindre objet. De même c'est seulement après avoir laissé reposer nos impressions premières d'une grande fresque d'humanité violente, confuse, débordante, avec ses masses, son mouvement fiévreux, ses passages brusques de la lumière crue à l'ombre épaisse et de la réalité la plus ordinaire aux plus imprévues fan-