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Scabreuse, tu l'étais autant que femme en France. 'On peut causer de tout, sachant bien ce que c'est!) Ton talent de causeuse à souhait s'exerçait Sur des thèmes licencieux, de préférence.
Et que de fois, ainsi, tu me contas l'outrance D'Untel qui constamment sa femme connaissait... La dame en avait du renoncer au corset! Son bonheur, à la fin, passait son espérance!
Puis tu faisais la moue, et tu prenais un air Dégoûté, concluant: « Conçois-tu ça, mon cher! Se peut-il qu'à ce point quelqu'un s'animalise!...
On dit qu'on n'y peut rien et que c'est maladif...
mbidD », ajoutais-tu, << j'ai plaint la pauvre Lise! » Mais le ton de ta voix était admiratif.
Combien avidement tu suivis le procès.
Tout scandaleux, de ce grand homme politique Dont la correspondance aigûment erotique Fut livrée en pâture au grand public français !
Des termes spéciaux tu le réjouissais : Tu leur trouvais une saveur aromatique; Car, le Satirycon t'étant fort sympathique, Dans le langage écrit tu ne crains pas l'excès.
J'ai ma pudeur à moi que rarement j'abdique: Et. comme mon plaisir t'apparaissait modique A la lecture de ces pages de goujat.
Tu me dis, déposant le journal sur la table : « Oh! toi. j'ai remarqué, souvenles fois déjà, Que tu n'as nul soupçon d'un amant véritable
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Certes, l'on peut tout dire; en ce pays, surtout! La riche langue qu'on y parle est l'interprète La plus souple pour tout prosateur ou poète : Le sang gaillard et clair de nos vignes y bout.
N'en mêlons point le flot limpide aux eaux d'égout ! tit, si, parfois, sa course est vive et guillerette, Suivons-la sans scrupule en sa plaisante traite. Sans jamais l'écarter des rives du bon goût.
\u surplus, laissons là, tôt, cette métaphore Que le goût précité très justement abhorre. (Car la comparaison est un chemin petit,
Qui s'apetisse encore et finit en impasse)
Et disons, simplement, — La Fontaine l'a dit. —
Qu'on peut tout dire, tout, certes, mais avec grâce
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Poète, quand tu peux, sur l'azur tu cisèles, Un ciselet brillant de lumière en ta main; Et tu voudrais n'avoir que l'éther pour chemin ; Ton zèle harmonieux est le plus pur des zèles.
Mais, si tu sais bondir à l'instar des gazelles, Tu ne saurais, pas plus aujourd'hui que demain. Prétendre à mieux régler ton faible essor humain : Et c'est bien rarement que l'on te voit des ailes.
Trop souvent, à ton gré, dans ton vol inégal, Tu heurtos de tes pieds quelque sommet fécal; El dans ton v.îrs, alors, passe un Bouffie de prose.
Or, il c'est pnint d'oiseau, l'aigle tout le premier.
• tout a coup, c'est fatal, ne se pose. Kl Q'enfoace, parfois, la patte en son fumier.
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Que tel grand nuageux auteur de moi se moque, Parce qu'à la clarté j'ai voué mon effort; L'on m'y verra persévérer jusqu'à la mort, Dussé-je en devenir la fable de l'époque.
Toute impropriété de termes me suffoque. J'inscris sur mon drapeau : Le mot propre, d'abord'. C'est mon constant souci. Sans relâche il me mord, Et je ne puis souffrir sur ce nulle équivoque.
D'avance je n'admets au sein du paradis
Qu'un Dieu qui clamera : « Je dis ce que je dis.
Je ne dis que cela. Que cela te suffise. »
De cet unique dieu je serai le dévot;
Et mon culte pour lui tiendra dans ma devise :
Que le mot soit la chose et la chose le mot.
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Si misérablement sont mortes nos amours; Si, quand nous souhaitions de les rendre immortelles Et jusqu'à notre fin de leur faire escorte, elles Rencontrèrent l'abîme au début de leur cours,
C'est que tu les fis. toi, dès les tous premiers jours, Dévier, par tes artifices, tes cautèles! Eh! oui, si nos amours ne purent être telles Que je l'espérais, moi, ce fut par tes détours.
Nous en refêterions, ce soir, l'anniversaire. Si tu t'étais contrainte à demeurer sincère, Comme à le demeurer mon cœur s'étudia:
Mais le tien, trop fermé, trop rarement s'épanche! Bref, tu n'as pas (comme eût écrit Hérédia) 1 /incorruptible cœur d'une maîtresse franche!
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A présent que je t'ai passée à mon tarais Et que j'ai dit sur toi ma cruelle pensée, Tu ne dois plus nourrir cette idée insensée Que, n'étant plus amants, nous demeurons amis.
Ne pouvant plus avoir sur rien le même avis, Nous ne marcherons plus sur la même chaussée... Espère : ta beauté n'est pas toute effacée ; Bien des hommes encor par toi seront ravis.
Parmi ces compagnons d'un tout moderne Ulysse Il s'en rencontrera pour chanter ton délice; Et ceux-là dans leurs vers à ton gré te louront.
Faisant à ton oreille un plaisant tintamarre. Mais, s'il voient, une nuit, se rembrunir ton front. Ne leur dis pas, pensant à moi : « Rien, je compare! »
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Ce pendant, nous vivrons toujours au même lieu. Dans ce tout petit coin de la terre chrétienne : Ma maison n'étant pas distante de la tienne Plus qu'avant, je serai, pourtant, loin de tes yeux.
Ma chère, tout ira, de cette sorte, au mieux. En ce bizarre état que Vénus nous maintienne Jusqu'à l'extrémité de nos destins, mordienne ! Et. sans plus te revoir, que je devienne vieux!
J'ai juré de rester ainsi jusqu'à mon terme. J'ai, pour me renforcer dans ce dessein si ferme, ( cite conviction que je t'attire encor;
Car, gardant, comme toi, ce petit coin de terre. Mai.-» a'apparais8ant plus pour toi dans son décor. Pour toi j'ai de nouveau tout l'attrait du mystère...
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Mais nous pouvons nous rencontrer, malgré nos soins Nous voici, donc, tous deux, brusquement face à face.. En ce très mauvais cas, que faut-il que l'on fasse?... Oui, tout à coup, là, face à face, et sans témoins!...
Nous hésitons. N'hésiterait-on pas à moins?.... Oh! bah! pour t'éviter j'ai bien assez d'espace, Si peu large que soit notre route; et je passe... Et tu passes aussi, serrant tes petits poings...
Mais vois-tu qu impulsivement, muette et bianche. Subissant ton désir, tu me prennes la manche. Et, que, muet moi-même et mêmement pâli.
Je me laisse emmener encor dans ta demeure!... Yois-tu que nous roulions de nouveau dans ce lit!... C'est pensant à cela qu'il se peut que \>- meure'.
LE P O È >! h ;• S A \ S K O M . 2 53
L'air de la ville où tu respires m'est mauvais; Et, j'ai beau m'en remettre à ma volonté forte. Je m'énerve; et, parfois, tremblant, j'ouvre ma porte Et pense, sur le seuil : « Oui, c'est dit, je m'en vais! »
Alors, tournant le dos à la maison, je fai^
Dix pas, vingt pas, cent pas, m'excitant de la sorte...
Mais ma velléité d'exil est bientôt morte;
Et je rentre cbez moi... Quand y serai-je en paix?...
Que ne t'en vas -lu, toi, de ces lieux la première!... Àh ! pour sembler me fuir je te connais trop fïère! Sans doute te dis-tu, comme moi : « Bail ! plus tard... »
Mais nous savons, tous deux, quelle attente est la nôtre! Et. sans nous l'avouer, nous guettons ce hasard Qui doit nous replacer l'un en face de l'autre!. ..