I.i. pourtant, c'est réel, ma chère, elle était vierge
Problème ténébreux! Donc, cette Juliette
Cède à ce Koméo déjà si chargé d'ans I . . .
Grande ombre de Shakspeare, est-ce que tu m'entends?
\ mon miroir terni j'ai pris cette ajouette!
Si ma voix te parvient ià-bas, dis-moi, Poète, Gomment, m'ayant fait don des trésors palpitanK Du bouquel merveilleux de ses seize printemps. Elle reste à ce point confiante et quiète!
Kien ne peut altérer le limpiuY saphir De ses candides yeux. G 'est à faire frémir. Eh! qooi! n'est-il donc rien (jui déjà l'avertissi
Quelle est, là, dans mes bras comme aux pattes du loup Qu'à son cœur innocent je ne fais point jus! ire. Et que, bientôt, je vais lo broyer, «l'un soûl coup!
LE POÈME SANS NOM. 3t
XXVT
Pourquoi te dévoiler ces sentiments hideux Et que nul repentir loyal n'aromatise?
Ma chère, en auras-tu l'infecte gourmandise? Es-tu cynique assez pour te régaler d'eux?
Comment n'en suis-je pas dans la moelle honteux? D'où vient que c'est à toi qu'il faut que je les dise:1 Est-ce par innommable et sale vantardise. Ou bien pour nous couvrir d'ordure tous les deux?
Ou suis-je un fanfaron de vice?... Je le nie! Non! Si, sans redouter l'odeur de la sanie. Je dissèque pour toi tout mon cœur animal
Avec ce vieux scalpel rouillé qui le lacère, C'est pour mon seul besoin de te faire du mal... Ah ! comme tu soutirais, lorsque j'étais sincère!
WVII
Nous mentir, on l'a dit, c'est pure charité. Plus nous aimons, plus nous devons être hypocrites. Et je ne t'ai gagnée, et tu ne me mérites Qu'autant que nous savons montrer de fausset»'.
Et si je flotte, ici, loin de toi, démâté. C'est bien parce que, moi, j'ai violé ces rites; Et c'est parce que, toi. ma chère, tu t'irrites, Quand on te dit, subitement, la vérité.
.le le vois, maintenant, j'aurais été plus sage
Ku persistant à te cacher mon vrai visage,
K n conservant mon masque; et tu l'aurais soutlért,
Que je garde indûment cette blancheur de c\gne! Or, c'est par trop d'amour que je t'ai découvert Mon humaine laideur... Tu n'efc étais pas digne.
C'est ainsi! Parce que. volontairement traître Au Dieu de mon enfance, au catholique émoi Que ma pieuse mère avait fait naître en moi, A l'église j'avais cessé de comparaître;
Parce que, confiant, plutôt que vers le prêtre Qui remet nos péchés, je suis allé vers toi ; Parce que, mon amour me tenant lieu de foi. Je n'ai voulu qu'à toi dévoiler mon pauvre être;
Parce qu'obéissant à l'Esprit infernal.
J'ai pris ton lit profond pour confessionnal.
C'est en vain que trois fois j'ai frappé sur mes côtes
Et t'ai brûlée au feu de ma contrition ;
C'est en vain que je t'ai fait l'aveu de mes fautes :
J'ai dû m'en retourner sans absolution!
UO LE POEME S \ N < M)\l,
Me confesser à toi! Quelle idée! Eh! que diable! Je m'en serais gardé, si j'avais réfléchi! Ne savais-je donc pas que l'on est fait ainsi Qu'à ce qu'on aime seul on est impitoyable?
Le moindre écart de l'être aimé (c'est incroyable. Et c'est vrai, toutefois) nous trouve sans merci : Qu'il convienne d'un tort, et nous voilà transi; Et ce n'est plus un tort, c'est un crime effroyable!
El je comprends Pascal pensant que l'étranger Vêtu du surplis blanc peut, lui seul, nous juger En tout détachement, d'une âme juste ot bonne,
Kl non- dire : « Mon fils, allez on paix. C'est bien. » \h»i. si je lui dis tout, et, lui, s'il me pardonne, C'est que je ne lui suia et qu'il ne m'est de rien.
Tu n'as pas fait sur moi le beau geste qui lave Et que le prêtre fait d'un signe de sa main; Et, pour t'avoir dit tout de moi, le lendemain, Je ne m'en suis senti qu'un peu plus ton esclave.
Le châtiment que tu m'infligeas fut plus grave Que n'eût été celui d'un tribunal humain : Celui-ci nous remet dans un meilleur chemin; Le tien, femme, nous avilit et nous déprave.
Oui, lorsque tu n'eus plus pour moi que du mépris. Mon étreinte à tes yeux parut tripler de prix; Tu ne m'en embrassas qu'avec plus grande rage,
Rabaissant notre amour au plus sadique emploi; Et tu me lis, alors, ma chère, un double outrage. Car tu me méprisais et te servais de moi!
k-i LE POEME SANS NOM.
Te montres-tu. soudain, absorbée, et me plains-je De te sentir distante au cercle de mes bras, Tu me dis : « Voyons si tu me déchiffreras! » Et tu ris de pitié... Car tu te crois la sphinge!
Quelle présomption! Comme à travers ton linge, Ta peau, je lis ton cœur sans le moindre embarras : Et ton inconsistant et futile fatras De rêves, j'y vois clair à travers ta méninge.
Tout ce qui veille ou dort en toi, je le connais.
Cesse de te poser en énigme : tu n'es,
<) très chère, pas plus qu'une autre compliquée
Je déchiffre ton ôtre intime d'un coup d'œil, lussi bien crue la lampe au fond de la mosquée; Et tu »i<>ns toute, toute, 6tl cp seul mnl . orgueil!
WXII
0 tristes humains que vous êtes, Qui vous embarquez, tour à tour.
Sur la galère de l'amour, Escomptant d'éternelles fêtes.
C'est bien vainement que vous faites Voile vers l'enivrant séjour!
Vous pourrez bien, jour après jour.
Éviter toutes les tempêtes;
Hélas ! vous n'éviterez pas Cet écueil que je vois, là-bas, Sourcilleux sous le choc des lames !
Car, vous le savez, cet écueil,
\h! pauvres hommes, pauvres femmes,
C'est votre inévitable orgueil !
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Quand je suis avec cette humble fille, parfois, Le passé me reprend de force et me ramène A ton logis coquet. Ma résistance est vaine. Et tous nos jours, toutes nos nuits, je les revois.
Nous nous sommes aimés pendant soixante mois ; Mais nos instants heureux font-ils une semaine? Une semaine? Non, ma chère, une heure à peine! Un faible oiseau pourrait en supporter le poids.
Mais de ce peu de temps si parfaitement lendre Je conserve mémoire; et (tu ne peux m'en tendre, Aussi puis-je former ce souhait hasardeux
Je ne regretterais ni nos plus viles luttes,
Ni nos plus bas accords, si nous pouvions, tous deux,
Revivre seulement ces soixante minutes!
Nous faut-il renier tous nos mauvais moments? Ils font de notre amour presque toute la trame. Faut-il en rejeter le total amalgame?
Je dis non, pour ma part; si tu dis oui, tu mens!
D'aucuns brillent encor, tels de noirs diamants. \ l'horizon fumeux où sombre notre drame. Moi, l'homme violent, toi, l'intraitable femme. Dans ces moments mauvais nous restions des amants.
J'entends d'ici, comme toujours, ton vilain rire. Oui. va, plaisante! Va, quoi que tu veuilles dire. Je ^ais ce que tu peux décider là-dessus;
Et, quand même tu me crierais que je suis ivre, Je t<* dirais que, toi, bien qu'ils nous aient déçus, < e ^<>nt cea moments là <ju<- tu voudrais revivre!