‹ Le poète François MainardChapitre 101 sur 375 · LA FIN DUNE LÉGENDE. — MAINARD ET RICHELIEU · texte numérisé non relu

LA FIN DUNE LÉGENDE. — MAINARD ET RICHELIEU

— Mainard et ses éloges à Richelieu. Mainard à Paris en février 1632 : ballet pour le comte de Soissons. Ses odes au Cardinal (1633). — Un écrivain antipathique à Richelieu : J.-L. Guez de Balzac et ses relations amicales avec notre poète. — Un effet de la faveur de Richelieu : Mainard de l'Académie française (1634). Réfutation de l'opinion de M. Faguet, sur l'admission tardive de notre auteur dans la Compagnie. — Pièces pour les « étrennes » de 1635 de Richelieu. Histoire véritable du Rien du Cardinal.

II. — Rapports de Mainard avec François et Charles de Noailles. — Le comte de Noailles, ambassadeur près du Saint-Siège : Chapelain, La Mothe le Vayer et Silhon refusent de lui servir de secrétaire. — Hésitations de Mainard avant d'accepter cette place. — Malheurs de famille et embarras pécuniaires.

On a créé une légende romanesque aux sujet des relations de Mainard avec Richelieu. Le Cardinal aurait poursuivi le poète d'une haine dont on s'est évertué à découvrir les raisons, les unes plus fausses que les autres. En vérité, les biographes diffèrent d'opinion en ce qui concerne la date de la disgrâce de notre auteur. Certains avancent qu'il ne fut relégué en province qu'après l'emprisonnement « à la journée des Dupes » (11 novembre 1630) de ses protecteurs Bassompierre et Carmain1. M. Durand-Lapie veut que dès l'avènement de Richelieu au ministère, c'est-à-dire dès 1624, Mainard ait été banni

1. Par exemple JVIM. G. Clavelier, P. Lafenestre, etc. Notons en passant que ni le maréchal de Bassompierre, ni le comte de Carmain ne furent envoyés à la Bastille à cette date, le premier n'ayant été arrêté que le 26 février 1631 et le deuxième, que le 23 octobre 1635.

de la Cour ', tandis que M. Gaxrisson assure que ce fut après décembre 1636, c'est-à-dire après le retour d'Italie du comte de Noailles, dont Mainard avait été le secrétaire, que Richelieu défendit au poète de se rendre à Paris 2. Mais si les opinions sont partagées sur la date de l'exil de notre écrivain, les avis sont unanimes pour mettre sur le compte de l'hostilité du Cardinal toutes les infortunes du poète. S'il est pauvre, c'est la faute de Richelieu ; s'il vit en province, c'est qu'il a été proscrit par Richelieu ; si, aux environs de 1640, il parle dans ses lettres d'un ennemi dont il voudrait apaiser la colère, c'est de Richelieu qu'il s'agit '.

Le premier critique qui parla des persécutions dont Mainard eut à souffrir de la part de Richelieu fut Labouïsse-Rochefort. Attribuant à notre écrivain deux lettres que celui-ci avait recopiées sur son cahier, sans spécifier qu'elles étaient de Malherbe, ce publiciste rattacha imprudemment à la biographie du poète toulousain, les faits dont il est question dans ces missives. Ainsi il insista sur les prétendues bonnes relations du président d'Aurillac avec Richelieu en 1625', pour mieux faire ressortir combien il en fut exécré par la suite. A l'époque du romantisme, au moment de l'essor de la nouvelle historique, un littérateur auvergnat écrivit sur la donnée de l'exil de Mainard à Aurillac une fantaisie, dans laquelle il fait jouer au poète le rôle que l'on aimait alors donner aux protagonistes des drames et des romans, victimes d'un homme puissant et

1. Durand-Lapie, Lettres de Fr. Maynard (Extrait du Bulletin hist. et philologique), Paris, 1901, p. l't. — Cependant, dans la Brochure publiée par cet auteur en collaboration avec M. Lachèvre (Deux homonymes, Fr. Maynard et Fr. Menard, p. 21), il est dit que le poète fut mal accueilli à la Cour après sa rupture avec Noailles (déc. 1636).

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