‹ Le poète François MainardChapitre 102 sur 375 · Garriss., Notice, p. xxm · texte numérisé non relu

Garriss., Notice, p. xxm

3. Cf. Garriss., Ibid., xxvn et Livet, éd. de YHistoire de l'Aead. de Pellisson, t. I, p. 198. Dans les deux cas il s'agit de Noailles et de son frère, l'évèque de Saint-Flour, et non de Richelieu et de son frère, le cardinal de Lyon.

4. Lettres biographiques sur Fr. de Maynard, pp. 216-223. La première de lettres, datée de septembre 162o par Lalanne (Malherbe, collect, des grands écriv., III, 89), est adressée à Balzac ; la deuxième, du 10 septembre 1625, à Racam. — Par contre, après l'emprisonnement de Rassompierre et de Carmain. Richelieu, assure le même biographe, aurait détesté le poète à cause de sa fidélité à l'égar de ses protecteurs disgraciés (passimj.

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fatal, au cœur rempli de fiel et d'envie1. Désormais la légende de Richelieu, étouffant par méchanceté le talent d'un poète, fait son chemin. Comme elle dispensait les historiens et les critiques de Mainard de recherches fatigantes, ils s'en sont servis pour expliquer les points obscurs de la vie de notre auteur. Décidément Voltaire a raison :

Ah ! croyez-moi, la fable a son mérite !

Notons tout d'abord l'admiration dont Mainard fait montre à l'endroit de Richelieu, sitôt après l'avènement de ce dernier au ministère. « Sa prudence est adorable »... « on le regarde comme un Dieu », proclame-t-il vers 1625, dans son épître rimée à Cléon2. En en parlant à des intimes, il le traite de « divin » et « d'incomparable :i ». « L'Etat n'aura rien à craindre tant que ce grand homme en tiendra le timon », déclare-t-il avec assurance dans une pièce contre les huguenots '•, publiée vraisemblablement pendant le siège de La Rochelle.

Afin de lui être agréable, il flatte sa politique dans une ode contre Charles-Emmanuel, duc de Savoie, avec qui, en 1629, Louis XIII était en guerre. Il reproche avec véhémence au prince savoyard de s'être allié aux Espagnols, il lui prédit qu'il passera bientôt chargé de chaînes sous les fenêtres du Louvre, raille sa caducité proche de la sépulture, sa faiblesse physique et morale, et même sa gibbosité qui excitait aussi les plaisanteries méchantes de Saint-Amant.

L'imprimeur avait déjà, selon le désir du poète, inséré cette pièce dans l'édition de 1630 du Recueil des plus beaux vers, quand la nouvelle de la paix conclue entre la France et la Savoie poussa Mainard à demander au libraire Du Bray la suppression de

1. Henri Durif, Un chapitre des Mémoires inédits de François Maynard, Clermont-F., 1846. Il faut retenir le naïf aveu que le nouvelliste place clans la bouche de Mainard : « Ce Cardinal est impitoyable ! 11 m'éloigne de la Cour sans savoir pourquoi et me tient ici (à Aurillac, en 1637), pareil à un geôlier au milieu des montagnes qui m'écrasent la poitrine... »

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