‹ Le poète François MainardChapitre 104 sur 375 · MA1NARD ET RICHELIEU · texte numérisé non relu

MA1NARD ET RICHELIEU

débonnaire, il était content de ne plus entendre le bruit du canon et de ne plus rencontrer autour de ses propriétés, le visage suspect des maraudeurs. Aussi, avec quel élan sincère salue-t-il la paix, cette messagère de l'abondance et du bonheur !

Le laboureur et sa famille, Entre les rys et les chansons, Feront tomber souz la faucille La jaune beauté des moissons.

Le marchand, sur le bleu de l'onde, Pour s'enrichir verra le monde De l'un jusques à l'autre bout ; Et dans le cours de peu d'années, Mon Roy sera nommé partout Le Roy des terres fortunées.

La paix vient du ciel pour nous rendre

Nos premières félicitez :

Avec elle j'en vois descendre

Les dieux qui nous avoient quittez.

Enfin nos vœux l'ont rappelée :

La voicy la belle exilée

Qui nous vient encore revoir,

Baisons la terre qu'elle touche;

C'est un humble et juste devoir

Qu'elle demande à nostre bouche \

De plus, en bon sujet du roi, il est heureux d'apprendre les victoires remportées par les armées de Sa Majesté en Piémont, en Savoie, en Flandre. En vrai fils de parlementaire, appartenant lui-même à la magistrature, le culte qu'il a pour la Couronne lui fait exalter la vaillance du roi, cet « Alcide », ce « Mars », ce « demi-Dieu ».

Puis, il en vient au sage conseiller du monarque et célèbre la « divine prudence » de Richelieu qui, malgré la tempête, a ramené le pays « au port » et a su empêcher les rois étrangers d'allumer en France le « flambeau de la guerre ». Que le grand homme se rie des « langues satyriques » qui profèrent contre lui des propos insensés. La postérité le vengera pleinement des

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