‹ Le poète François MainardChapitre 106 sur 375 · Fd. Garriss., t. III, p · texte numérisé non relu

Fd. Garriss., t. III, p

il avait composé son ode. Notre auteur trouva son homme dans le spirituel Guillaume Bautru, un familier de Richelieu. Pour avoir par ses bons mots et ses drôleries réussi à dérider souvent son grave patron, il avait été fait conseiller d'Etat, chargé de missions importantes en Espagne et finalement nommé introducteur des ambassadeurs. Dans une petite requête en vers, le poète presse ce diplomate, doublé d'un amuseur et d'un fin lettré, de lui faire obtenir une entrevue de Son Eminence. Somme toute, Bautru obligera un confrère. S'il est l'ambassadeur du prince, le poète n'est-il pas le héraut d'Apollon ?

Prens la peine de m 'introduire Chez ce Cardinal qui fait luire Sa gloire avec tant de splendeur ; Tu dois m'accorder cette grâce ; Bautru, je suis l'ambassadeur Du haut Monarque de Parnasse 1.

Au début de février 1633 2, Mainard eut l'honneur d'être reçu par son Eminence au château de Rueil ou au Palais- Cardinal 3. Monseigneur tournait de mauvais vers 4, mais il aimait la poésie. L'ode 5 de notre auteur était d'une belle venue ; le tableau du bonheur que la France devait au chef du gouvernement était éloquemment tracé et la louange des vertus de Richelieu, sans être une plate adulation, était agréablement exprimée. Le poète sut toucher le premier ministre qui se

Page 1