‹ Le poète François MainardChapitre 107 sur 375 · Ed. Garriss., t. II, pp · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. II, pp

2. Le 17 février 1633, Chapelain mande à Balzac quJil recevra bientôt de la part de Mainard une ode que celui-ci a « fraîchement présentée » au Cardinal {p.c, I, 27), Chapelain avait déjà parlé de Mainard à son ami dans sa lettre du 25 janvier 1633 (ibid., p. 25) et Balzac avait adressé au président, à Paris, la lettre XXIII du livre VI, faussement datée du 20 décembre 1631 au lieu du 30 janvier 1633. Ajoutons que, par suite d'une erreur de notes, Tamizey de Larroque indique comme lettre que vise sa correction, au lieu de celle que nous mentionnons, la lettre IV du liv. XVII des Œuvres de 1665 de Balzac.

3. Au début de février 1633 le Cardinal est tantôt à Paris, tantôt à Rueil, cf. la Gazette de France des 5, 12 et 19 février 1633.

4. V. dans Lachèvre, Bibliogr. des rec. collectifs, t. I, p. 295 ; t. II, p. 437 ei t. IV. p. 177, trois mauvaises petites pièces de Richelieu.

5. Ode à Monseigneur le Cardinal sur l'heureux succès du Voyage en 'Languedoc Paris, Toussainct du Bray, 1633, in-i°, 8 ff. Cette ode qui est suivie de la requête en vers à Bautru parut, sans doute, en février 1633. On la trouve dans l'éd. Garriss. t. III, p. 252.

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déclara satisfait, lui promit de s'intéresser à lui ' et lui avoua qu'il lui serait agréable de l'entendre entonner de nouveaux chants.

Ne se connaissant plus de joie, Mainard reprit sa lyre pour lui faire rendre des accords plus persuasifs :

Muse, il faut reprendre ta lyre, Et l'accompagner de ta voix, Armand nous aime ; et je désire Qu'il t'écoutc encore une fois2.

Dans sa première ode, Mainard avait été soutenu par les sentiments de la généralité des Français, de ceux mêmes à qui la personne du Cardinal n'était guère sympathique : allégresse de voir la fin des luttes religieuses et de se dire que le règne de la paix était arrivé ; amour-propre satisfait d'apprendre les triomphes du roi sur les Espagnols et sur leurs alliés ; reconnaissance envers le Cardinal d'avoir bien su conseiller Sa Majesté. Evidemment, Richelieu y était beaucoup louange. Toutefois cette première ode laisse l'impression d'être avant tout la production d'un sujet fidèle de Louis, désireux par surcroît de plaire au premier ministre. Sa seconde ode fait l'effet d'être le panégyrique du Cardinal, exécuté par un thuriféraire qui s'estimerait heureux de figurer parmi ses domestiques. Visiblement, le poète force la note dans l'expression de ses sentiments de dévouement. Son Eminence n'a qu'un mot à dire ou plutôt n'a qu'un geste à faire pour voir Mainard se ranger parmi ses plus zélés serviteurs :

Armand, qui fay les destinées Des peuples et des souverains, Et qui donnes à nos années Des jours si doux et si serains,

1. Dans une lettre inédite du 11 décembre 1G34 à Charles de Xoailles, évèque de Saint-Flour, Mainard lai rappelle que le Cardinal « témoigna autrefois le désir de faire quelque chose » pour lui. (V. cette missive dans notre Tableau chronologique des lettres de Fr. Mainard).

2. Ed. Garriss., t. III, p. 244. — Xoter la Avariante de la première strophe, donnée par le recueil des Nouvelles Muses, présenté au Cardinal en 1G33 :

Ça Muse, prends ta bonne lyre Et tous les charmes de ta voix :

Voici Richelieu qui désire De l"ou\r encore une fois.

Le bruit de ta vertu m'anime ; Et si je voy que ton estime Soit favorable à mes travaux, Je consacreray ta mémoire, Par des veilles dont mes rivaux Ne sauroient obscurcir la gloire

Animé du souci de plaire à tout prix à Richelieu, le poète en vient à féliciter le Cardinal de sa politique sanguinaire et tyrannique. Richelieu a dû frapper ces « criminels audacieux », ces (( félons » qui auraient désiré « réveiller nos querelles », afin que leur cupidité ou leur ambition en tirât profit. Que le chef du gouvernement soit inflexible ; qu'il ne cède pas à la compassion et ne se laisse pas entraîner à la clémence. Mainard connaît la maxime politique favorite de Richelieu : « en matière de crime d'Etat il faut fermer la porte à la pitié 2 » et s'empresse de la mettre en vers :

Dans un estât où la malice

Oze agir avecqne vigueur,

Sans craindre prison ny suplice,

La clémence est une rigueur.

Si tu veux couper les racines

De nos misères intestines

Arme toy de sévérité.

Thémis veut souvent des victimes

Aux climats où l'impunité

Est la forte amorce des crimes 3.

Cette nouvelle pièce, le poète la présenta-t-il à Richelieu avant de quitter Paris, au début de mai 1633 4 ? L'acheva-t-il en province et chargea-t-il un des familiers du ministre de la lui présenter ? Ou bien Richelieu n'en prit-il connaissance que dans l'été de 1633, au moment où on lui fit hommage du

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