‹ Le poète François MainardChapitre 108 sur 375 · T. III, pp. 21G · texte numérisé non relu

T. III, pp. 21G

4. Dans une lettre du 1er mai 1G33, o. c, t. I, p. 31, Chapelain parle pour la dernière fois de Mainard comme étant à Paris.

MAINARD ET RICHELIEU 203

recueil collectif d'odes célébrant sa personne et sa politique ' ? Toujours est-il que Mainard regagna sa province le cœur joyeux, avec le ferme espoir d'être bientôt pensionné par Son Eminence ou de recevoir de sa part quelque autre marque de faveur.

Si quelqu'un se chargea de faire s'évanouir les illusions du poète, ce fut certainement son ami Jean-Louis Guez de Balzac. Mainard lui avait fait part, en 1632, de ses projets 2 et se détourna peut-être, cette fois encore, de son chemin de Paris à Saint-Céré pour lui porter dans sa terre de la Charente la bonne nouvelle et un peu de la joie dont son cœur était plein. Les deux écrivains étaient liés de longue date et avaient fréquemment échangé des confidences et des compliments. Même, plus d'une fois, le président d'Aurillac avait rendu visite au solitaire de la Charente. Le poète et le prosateur s'étaient rencontrés au cénacle de Malherbe, peu de temps après le retour de Leyde du jeune Guez. Racan avait salué, dès 1618 % l'éloquence du nouveau camarade qui vouera un culte à Malherbe, gardera avec respect le Desportes annoté par le réformateur i et considérera toujours son maître bien au-dessus de Ronsard et de tous les poètes français. De son côté, Malherbe qui, de tous les prosateurs français, ne louait que Du Vair et encore ne se déclarait pas toujours satisfait de son style, avait prophétisé, en prenant

1. Les Nouvelles Muses des sieurs Godeau, Chapelain, Ménard, Desmarels, Malevile et autres, Paris, Robert Bertault, 1633, in-8°. — Chapelain ne fit imprimer son ode qu'après l'avoir corrigée « suivant l'intention de Mgr. le Cardinal » (cf. sa lettre à Boisrobert, éd. c, I, 33). Le 18 juin, il prie Bautru de présenter sa pièce remaniée à Richelieu (ibid., 40). D'un autre côté, à la fin d'octobre, commence la distribution des gratifications aux panégyristes du Cardinal (ibid., 53, lettre du 26 oct. à Boisrobert).

2. En janvier 1633, Chapelain écrit à son ami de la Charente : « J'ay veu et voy tous les jours icy M. Maynard lequel m'a consolé des tesmoignages qu'il m'a rendu(s) de la continuation de vostre amitié... » et plus bas : « il m'a encore dit spécialement que j'avois fait partie de vostre entretien à une dernière entrevue » (éd. c, I, 25). Probablement c'est à son retour de Paris, au printemps de 1633, que Mainard alla visiter Balzac.

3. Dans l'ode à M. de Balzac publiée dans les Délices de la poésie française de 1618; cf. Lachèvre, Bibliographie des recueils collectifs, t. I, p. 287.

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