‹ Le poète François MainardChapitre 115 sur 375 · Ibid., 12 mars · texte numérisé non relu

Ibid., 12 mars

5. Cf. une lettre de Chapelain à Godeau, du 14 janvier 1639, citée par l'abl Fabre, Chapelain et nos deux premières académies, p. 82.

MAINARD ET RICHELIEU 213

pédants confrères qui « clabaudent sur des vétilles de grammaires 1 ». Enfin Boisrobert lui-même se divertit de la lenteur mise par la docte assemblée à rédiger son Dictionnaire2. Faisons observer encore que Mainard avait eu le soin de recommander à ses correspondants de ne montrer qu'à bon escient son épigramme de l'Académie et même de la supprimer si elle renfermait quelque chose qui pût « estre désagréable aux puissances supérieures :t ».

Venons au troisième argument de M. Faguet. On peut établir avec certitude que, depuis le mois de mai 1633 jusqu'en avril 1645, Mainard ne revit plus la capitale. Ce ne fut donc que onze ans après son élection qu'il se montra pour la première fois dans la Compagnie dont il faisait partie et, c'est sur la fin de ses jours seulement qu'il connut la plupart de ses collègues de l'Académie. Qu'y a-t-il donc d'étonnant si notre écrivain promet en 1639 à Flotte de proposer sa candidature à l'assentiment de la docte troupe ? Membre de l'Académie, mais n'ayant pas encore pris part aux séances de ce corps, il pouvait très bien écrire: « si j'ay quelque jour l'honneur d'y entrer, je leur en ferai la proposition et croi qu'elle me réussira. »

M. Faguet tourne la difficulté que présentent les affirmations catégoriques de Pellisson, en émettant une hypothèse, qu'il qualifie lui-même de presque romanesque. Le nom de Mainard aurait figuré en 1634 sur la liste des nouveaux membres proposés à l'agrément du protecteur, mais celui-ci aurait refusé de ratifier l'élection de notre poète attendu qu'il le détestait cordialement. Richelieu lui en voulait, dit M. Faguet, de son amitié pour le maréchal de Bassompierre, mis sur son ordre à la Bastille, en 1631. — Mais le Cardinal ne s'était point opposé en 1634 à l'admission dans la Compagnie de Claude de Malleville, le secrétaire en titre de Bassompierre. — Le Cardinal, ajoute M. Faguet, aurait pris en aversion Mainard à

1. Œuvres, éd. Livet, t. II, p. 90. V. aussi une strophe contre l'Académie dans Les pourveus bachiques, t. I, p. 331.

2. V. dans les Epistres du sieur de Bois-Robert Metel, abbé de Chastillon, Paris, 1G47, in-4", la sixième épître, adressée à Balzac.

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