‹ Le poète François MainardChapitre 117 sur 375 · Hist. de l'Académie, t. II, p · texte numérisé non relu

Hist. de l'Académie, t. II, p

3. Aimé Fabre, o. c, pp. 74-7o. D'après ce critique, qui n'a pas consulté la liste de La Peyre, La Brosse serait le seul hôte de l'Académie qui ne fût pas académicien.

4. Lettres inéd. de Chapelain, t. I, p. 230. — Piqué de curiosité et tout content de ne pas faire rire « les crocheteurs » à ses dépens, Mainard demande quelques jours après au baron de Saint-Géry (1. CVIII) : « A propos de belles choses, vous ne me dites rien de la nouvelle Académie ; j'aurai grande raison de pester contre vous, si vous ne prenez la peine de m'escrire ponctuellement ce que les bons esprits en disent. On m'a escrit qu'on avoit publié une bonne pièce contre ces messieurs les polis ; je meurs d'envie de la voir. »

Du chef de son admission dans la troupe protégée par Richelieu, notre poète pouvait se considérer, dès septembre 1634, comme un des serviteurs de Son Eminence, car le Cardinal, comme l'écrira bientôt Chapelain, ne souffrait dans son assemblée que des gens qu'il savait lui être dévoués1. Puisqu'il en était ainsi, Mainard résolut de tirer parti de la bienveillance qu'il croyait lui être témoignée par Monseigneur et de recourir à l'entremise de Charles de Noailles, évêque de Saint-Flour, pour demander faveur et gratifications au Cardinal.

Ce protecteur de Mainard se trouvait justement en ce moment à Paris. Notre auteur connaissait l'affection que Richelieu portait aux Noailles, en raison de leur dévouement à sa cause. François, l'aîné des deux frères, lieutenant général de la Haute- Auvergne et gouverneur du Rouergue, avait fait tirer le canon sur les troupes de Monsieur au moment où elles passaient devant Riom pour joindre Montmorency2. Charles, évêque de Saint-Flour, membre de la commission devant laquelle fut entamé le procès des prélats affidés de Gaston, avait conduit les débats de cette affaire au gré du premier ministre3. Il venait encore (1634) d'être désigné par Richelieu comme un des prélats français à qui le pape aurait pu commettre l'examen des raisons concluant à la nullité du mariage clandestin de Gaston d'Orléans avec la princesse Marguerite de Lorraine. L'évêque avait ses entrées libres à Rueil, à Conflans et au Palais-Cardinal, et transmettait souvent à son frère, que Richelieu avait nommé ambassadeur à Rome, les vues et les intentions de ce haut personnage.

Grâce à l'intercession de Charles de Noailles, Mainard espérait réparer la faute qu'il avait commise en vendant son office de président au présidial d'Aurillac. Par un édit de septembre 1633, le roi avait créé au présidial de la Haute- Auvergne, ainsi que dans les tribunaux similaires du royaume,

1. Lettre du 18 mai 1638 à J.-J. Bouchard, éd. c, t. I, p. 236, note 3.

2. Documents hist. sur la Haute et Basse-Auvergne dans les Tablettes liist. de Y Auvergne de Bouillet, t. I, p. 501.

3. V. sur ce procès, Hist. du Languedoc, t. XI, pp. 1097-1099.

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un second office de président'. L'espoir de Mainard de trouver une meilleure place que celle dont il s'était démis avait été illusoire et il comptait sur la bonne volonté du Cardinal pour se faire attribuer cette nouvelle place dans des conditions pécuniaires avantageuses. « Si vous songes, Monseigneur, écrit-il à Charles de Noailles, le 11 décembre 1634, que je le peusse obtenir s par la faveur de Monseigneur le Cardinal, en baillant quelque partie de la finance, je vous debvrois ma petite fortune et l'accomplissement de mon désir. On m'a assuré qu'il n'y a personne d'Aurillac qui y prétende et que les partisans ne retireront que peu de chose de cet office. Par conséquent, Monseigneur le Cardinal pourroit grandement m'obliger en cette occasion, s'il en avoit envie, comme il l'a témoigné autrefois, de faire quelque chose pour moy » \

Pour préparer Richelieu à accueillir favorablement sa requête, il lui avait précédemment adressé, toujours par la voie de son protecteur, une nouvelle ode. Et comme il n'était pas aisé « de trouver le temps propre à faire gouster de semblables divertissements à un esprit sans cesse préoccupé des plus grandes affaires de la crestienté », Bautru devait faciliter à Noailles le moyen de faire lire à Son Eminence ce morceau, qu'avec modestie, notre auteur appelle un « mauvais petit effort » '• .

Cette ode de fin 1634 offre des disparates. C'est que le commencement de cette pièce part d'une autre inspiration que le reste. Tout d'abord Mainard avait eu l'intention d'écrire un morceau badin où il se serait moqué de lui-même « et de tous

1. Cf. le cahier de notes d'un anonyme du xvnr se sur l'histoire d'Aurillac, et notamment sur celle du présidial de cette Adlle. Ce manuscrit appartient à M. l'archiviste Jean Delmas, qui a eu l'ohligeance de nous en envoyer les feuilles contenant les détails qui nous intéressaient. — Cf. aussi (D. Jousse), Traité de la juridiction des présidiaux, Paris, 1757, Préface, p. x. Voir cet édit dans le Recueil des édils, déclarations, arrêts, etc., d'Escorhiac, Paris, 1638, t. I, chap. 3.

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