‹ Le poète François MainardChapitre 121 sur 375 · Pellisson, o. c, Notice sur Mainard · texte numérisé non relu

Pellisson, o. c, Notice sur Mainard

3. Arch. Aff. étrang., Rome, t. XLIX, f° 423 bis. V. cette lettre inédite dans notre Tableau chronol. des lettres de Mainard,

Mais, quand lu dis que j'écris bien, Flotte, j'apprens de ma fortune, Que le Cardinal n'en croit rien *.

Somme toute, en se chargeant d'une mission aussi délicate que celle de présenter les requêtes de notre auteur à Richelieu, l'évoque de Saint-Flour marquait beaucoup de sympathie et d'intérêt au poète. Il est vrai que Mainard lui avait prouvé son attachement depuis longtemps. En 1632, il avait composé en l'honneur de l'Empire du Junte de ce prélat une longue pièce laudative2, et depuis il revint à plusieurs reprises sur cette matière qui se prêtait h de faciles compliments. Autant, sinon plus qu'aux louanges du poète, Charles de Noailles était sensible aux services que celui-ci lui rendait : courses au monastère de Leyme dont l'abbesse, Jeanne-Françoise de Noailles ', était sœur de l'évêque de Saint-Flour et du lieutenant général de l'Auvergne ; voyages en Limousin pour préparer l'élection du prélat comme député de la métropole de Bourges à l'assemblée générale du Clergé de 1635 ; commissions de toute sorte dans la province ».

Il n'y avait qu'un seul sujet sur lequel Mainard se refusât à donner contentement à son protecteur : il n'acquiesçait pas au désir de Charles de Noailles de partir pour Rome, en qualité de secrétaire de François deNoailles.Le poète avait, dès 1615, envoyé à ce seigneur des « étrennes » versifiées 5; il avait, en 1612,

1. Ed. Garriss., t. III, p. 89 : « Tu dis qu'on donne un si liant prix. »

2. Ibid., t. III, p. 233. — Celte ode figure en tète de l'ouvrage théologique de Charles de Noailles : //empire du Juste, selon l'institution de la vraye vertu, Paris, 1632, 2 vol. in-4°. Le ms. 843 de la Bibl. de Toulouse, f° 137, contient une autre pièce de Mainard en l'honneur de ce prélat.

3. C'est le nom que lui donne le P. Anselme, Ifist. généalog. de la Maison de France (IV, 790). Certains biographes l'appellent Jeanne.

4. V. dans notre Tableau chronol. les lettres inédites adressées en 1634 et 1633 par Mainard à Charles de Noailles.

3. Cf. éd. Garriss., t. III, p. 123 : « Ce jour que l'an se renouvelle... » L'épigramme s'adresse au comte d'Ayen dans les Délices de la poésie française de 16 J 3. — (François de Noailles porta le titre de comte d'Ayen jusqu'en 1623, date de la mort de son père Henri, comte de Noailles. A ce moment, son fils aîné appelé lui aussi Henri, hérita de ce titre). Après sa brouille avec ce personnage, le poète remplaça le v. 3 : Comte rostre fortune est telle par Grand Duc rostre fortune. etc. Il envoya vraisemblablement cette pièce au duc de Bouillon, avec qui, vers 1612, il était en excellents termes.

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composé des pièces pour son père, Henri de Noailles' et s'apprêtait à adressera son fils Henri, comte d'Ayen, l'ode satirique du Magistrat, à ce qu'il semble, portrait du juge de Vic-en-Carladois, avec qui le président d'Aurillac avait été souvent en conflit2. Lorsque le comte était en France, Mainard allait le visiter soit à Villefranche-de-Rouergue dont il était sénéchal et gouverneur, soit dans ses terres patrimoniales de Larche, de Brive ou de Noailles en Limousin. Néanmoins, notre personnage aimait peu le lieutenant général de la Haute- Auvergne. Il le savait hautain, facilement irascible, d'esprit obstiné et d'humeur morose. Enfin, chose particulièrement désagréable à Mainard qui aimait le laisser aller dans les propos comme dans les mœurs, le comte était collet monté et toujours à cheval sur l'étiquette.

En s'excusant auprès de Noailles de ne pouvoir le suivre en Italie, il lui avait recommandé Chapelain comme tout désigné pour remplir cet emploi. Avec avidité, le chantre de la Pucelk se jette sur cet appât qu'il trouve alléchant. Pour l'obtenir sans faute, il manœuvre, dès décembre 1632, auprès de Richelieu. Il fait valoir par M. du Tremblay, le frère du P. Joseph, son dévouement et sa fidélité au Cardinal, son exacte connaissance des langues italienne et espagnole, son savoir en histoire, sa perspicacité en matière politique '...

Son cœur déborde de gratitude à l'endroit de Mainard dont

il vante la générosité et l'amitié désintéressée. A sa requête,

j Balzac remercie le président des bons offices qu'il a rendus à

| un homme avec lequel il fait « communion de bien et de

j maux )) et trace un portrait flatté de la souplesse d'intelligence,

de la politesse des manières, du savoir étendu et de la probité

toute romaine de son ami '. A cette heure, les trois écrivains

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