Cf. lettre LXXI à Flotte
3. Lettre LXXIX au même. Montaigne, au contraire ne trouvait pas le carême) prenant fort divertissant, Voyage en Italie, éd. c, p. 2i9.
i. Lettre L et LVt au même.
£i. Lettre LIX à Flotte.
pleine mer' «.C'est du sybaritisme ou de l'hyperbole. Plus sincère, d'une santé plus robuste, doué d'un estomac plus complaisant, notre président a recours à des moyens moins raffinés et plus pratiques pour combattre la violence de la chaleur. Quand la température estivale de la campagne romaine l'étourdit au point qu'en regardant le pape il lui semble voir « deux lieutenants de notre Seigneur sur terre », Mainard se met au frais, en compagnie d'une demi-douzaine d'aimables abbés, et, tenant « le vin et l'eau investis de neige », hausse fréquemment le verre afin d'humecter largement son gosier desséché2.
Ce que Mainard déteste surtout à Rome, c'est la cuisine. Si l'Italie est le pays des beaux palais, il est aussi, à son avis, celui des mauvaises tables. Heureusement, après les brouets et les pâtes d'Italie dont, en route, il a calmé sa faim, Mainard a rencontré les repas soignés de Monsieur l'ambassadeur. Dès son arrivée, il eut sa place aux festins de gala : à celui qui fut offert par le cardinal de Lyon au cardinal Antoine Barberini, au banquet donné par l'ambassadeur aux évêques du Mans et d'Albi. « Ce fut dans une grotte,- au bruit d'une douzaine de fontaines, les melons y firent leur jeu et le boire avec la neige'... » « Quand nos cuisiniers s'en meslent, on peut faire à Rome des bons ragousts et des bisques aussi délicates qu'à Paris '• ». Avec quelle pitié parle-t-il de ces princes de l'Eglise romaine qui sacrifient tout à l'apparence, étalent une « magnificence incomparable », ont « force estaffiers et pas un cuisinier ' ! » Un demi-siècle auparavant, Montaigne notait dans ses lissais les discours qu'un ancien maître d'hôtel du cardinal Carafîa, féru « sur la police des saulces » et maître passé dans l'art de rôtir, lui avait débités « avecques une gravité et contenance magistrales » sur la « science de gueule6 ». Du temps
1. Lettre au cardinal de la Valette, de Rome, le 15 juillet 1021 (1. IV du livre II, Œuvres, éd. 1065).