‹ Le poète François MainardChapitre 137 sur 375 · Lettres L et LXXIII à Flotte · texte numérisé non relu

Lettres L et LXXIII à Flotte

Flotte se livraient chez le conseiller Hotman. Car, d'humeur sévère, comme on Ta déjà vu, le comte n'aurait pas toléré que les ordinaires « galanteries » du président missent sa maison a en danse1 ». Mainard connaissait son homme. Aussi, en débarquant à Rome, était-il animé des plus saintes intentions. Il était décidé à mener une vie si « réglée » qu'il pût un jour, en bonne justice, « prétendre une place aux litanies. » « Les sages, ajoute-t-il, m'ont défendu le jeu, les médecins la bouteille, et mon inclination les courtisanes2 ». Excellente disposition d'esprit qui ne persista pas longtemps. On sait ce qu'il advient lorsqu'on chasse le naturel. L'âge interdit, il est vrai, à Mainard le déduit amoureux3 ; en revanche, il passe à Rome des nuits entières à jouer au piquet1 et à parachever la réputation qu'il possède « de parfait modèle de la débauche polie tant ancienne que moderne. » De ce chef, il n'y a que Flotte à qui il cède le pas5.

Mainard trouva encore à Rome le maréchal de Toiras qui, nommé bientôt lieutenant général du duc de Savoie, devait trouver la mort, en 1636, à Fontanella, dans le Milanais6. Le maréchal rendait visites sur visites aux cardinaux Antoine et François Barberini, les neveux du pape et à Sa Sainteté en personne, leur exposant ses griefs contre Richelieu. Jaloux de l'inclination que le roi avait pour ce vaillant soldat, le premier ministre l'avait dépouillé de son gouvernement d'Auvergne, au moment où le maréchal avait, sans sa permission, quitté Ferrare, pour se rendre à Venise et à Rome7. Cette victime du Cardinal Duc était un franc viveur. Tous les soirs, il

1. Arch. Aff. étrang., Rome, t. XLVITI, fos 345 et 391, lettres déjà citées de Noailles à l'évèque de Saint-Flour, du 4 décembre 1634 et du 3 janvier 1635.

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