‹ Le poète François MainardChapitre 145 sur 375 · Lettre LUI à Flotte · texte numérisé non relu

Lettre LUI à Flotte

I. Lettre X du livre VIII à M. de Brye (son cousin qui, à ce moment, se trouvait à Rome), du 10 mai 1635.

o. Ode à Alcipe, str. 12 (éd. Garriss., III, 21o).

que même on ne se rendait pas un compte exact de l'emplacement de ce « tombeau » et qu'il craignait a que la sépulture ne fust elle-mesmepour la plupart ensevelie » ' . Quelque quarante ans plus tard, J. Grévin écrit vingt-quatre sonnets sur Rome, que l'érudit Ed. Tricotel a publiés dans ses Variétés bibliographiques2, d'après un manuscrit du chroniqueur l'Estoile. On y rencontre des vers qui ont pu inspirer ceux de Mainard :

Car Rome est dès longtemps en Rome ensevelie Et Rome n'est sinon un sépulcre vivant...

Enfin, comme le remarque le savant commentateur de la relation faite par Montaigne de son voyage en Italie, nombreux sont les écrivains italiens des xvie et xvn° siècles, à qui la Ville Eternelle a fait l'effet d'un morne et triste Campo-Santo. Entre autres, le comte Fulvio Testi ' (dont les poésies charmèrent profondément Mainard) exprima lui aussi ce sentiment. Parmi les vers de Mainard figure un sonnet qui semble dater de son séjour à Rome et dans lequel le poète exprime quelques réflexions sur César et sur Pompée : que ce fut l'un ou l'autre de « ces deux fameux héros » qui eût triomphé, c'en était fait de la République que tous deux voulaient asservir :

Un même esprit poussait le beau-père et le gendre ; Tous deux ont combattu contre la liberté.

Si Jule fut tombé, l'autre, après sa victoire, Par un nouveau triomphe eust abaissé ta gloire ; Et forcé tes Consuls d'accompagner son char.

Je les blâme tous deux d'avoir tiré l'espée : Rien que le ciel ayt pris le party de César, Et que Caton soit mort dans celuy de Pompée4.

Ces mâles accents républicains, cette aversion du poète pour les « tyrans » qui avancèrent une main sacrilège sur les libertés de la République étonnent, au premier abord, de la part de

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