‹ Le poète François MainardChapitre 146 sur 375 · Ed. Garriss., t. III · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. III

SÉJOUB DÉ MAfNARD A ROME 251

IMainard, si fortement attaché à la monarchie. Mais on s'aperçoit que le poète n'a pas tiré ces vers de son propre fonds. Il s'est d'abord souvenu des Antiquités de Joachim qui, en divers endroits, flétrit les fauteurs des troubles civils et de la décadence de la puissance romaine :

Ce qui advint quand l'envieux orgueil De ne vouloir ny plus grand ny pareil, Rompit l'accord du beau-père et du gendre,

i ou encore dans ce sonnet où Du Bellay charge d'opprobre « la I civile fureur » :

Qui semant parles champs l'émathienne horreur Armas le propre gendre encontre son beau-père,

Afin qu'estant venue à son degré plus hault, La romaine grandeur trop longuement prospère Se vit ruera bas du plus terrible sault '.

Imitant le balancement antithétique des phrases d'une épigramme de Martial contre M. Antoine", Mainard remplit sa pièce du souffle républicain de l'auteur de la Pharsale, poème dont il traduit dans la chute de son sonnet un vers célèbre \

Dans ses promenades à travers l'ancienne Rome, il lui arrive parfois de rimer, mais sur des matières qui n'ont aucun rapport avec les grandeurs effacées qui l'entourent. C'est tantôt, d'après Du Bellay, la louange enjouée d'un chien qui, aboyant après les filous et se laissant caresser par les amoureux, est choyé de son maître et de sa maîtresse ', tantôt un badinage

1. Sonnets XXIII et XXXI des Antiquités de Rome (éd. Marty-Laveaux, Paris, 1866).

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