‹ Le poète François MainardChapitre 150 sur 375 · Lettre LVIII · texte numérisé non relu

Lettre LVIII

SÉ.IOUH DE MAINARD A ROME 259

avaient accepté d'être les comprotecteurs, l'un des affaires de France, l'autre de celles d'Espagne. Mais François Barberini faisait bon visage à l'ambassadeur et à ses gens. Il pria Mainard de lui donner pour la fameuse bibliothèque qu'il venait de créer à Rome ' quelques compositions 2 et l'invita à assister à la représentation de Sainte Théodore", donnée en son palais en l'honneur des cardinaux de Savoie '' et de Lyon. C'était une pièce dans le goût des mère representazione. La scène « étoit embellie de force machines où paroissoit une mer avec plusieurs monstres marins ». Il n'en fallait pas tant pour éblouir notre personnage qui, dans ses escapades à Paris, s'était enfui de la salle enfumée de l'Hôtel de Bourgogne et n'avait jamais compris comment on pouvait se divertir à entendre Mondory et Bellerose. Aussi mande-t-il à Flotte que la France n'a rien de si beau en matière de théâtre. Le seul reproche qu'il fait à ce spectacle, est que les dames n'y aient pas assisté et que dans un temps de plaisir, comme le Carnaval, « on les tienne entre les heures et le chapelet, comme si elles estoient au jour du grand vendredy » \

Le confident intime d'Urbain VIII, le cardinal Guy Bentivoglio, était un homme d'une autre envergure que les neveux de Sa Sainteté. Bel homme, à fière prestance, il alliait à la politesse de ses manières et à l'élégance de sa conversation, les mérites solides d'une grande culture et d'un réel talent historique. Son Histoire de la guerre des Flandres dont il publia la deuxième partie en 1636, pendant le séjour de Mainard à Rome, le classe

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