‹ Le poète François MainardChapitre 160 sur 375 · Cf. lettres XCIII, CX et CCXLVIII à Pressac · texte numérisé non relu

Cf. lettres XCIII, CX et CCXLVIII à Pressac

immixtion dans les affaires de la péninsule comme l'effet du désir d'envahir l'Italie et de s'y installer. Malgré son habileté à cacher son jeu, le pape, dès le début de son pontificat, avait, dans l'affaire de la Valteline, montré qu'il inclinait, soit par sympathie, soit par crainte, vers les Espagnols. Il en était de même en 1635 et 1636. Mainard est témoin des difficultés qu'Urbain élève à toutes les demandes de l'ambassadeur ; il constate le déplaisir du pontife de voir le duc de Parme, son feudataire, s'allier avec Louis XIII ; il remarque les faveurs dont le chef de la chrétienté couvre les Espagnols. « Les Italiens ont l'âme pleine de poison pour la France »1, s'écrie notre auteur. Au premier revers de la campagne de 1635, au décampement de Valence, il les voit laisser éclater leur hostilité, et, par contre, adoucir le ton de leurs propos et modérer leur nervosité à la nouvelle des victoires des troupes de Louis. En digne fils de parlementaire, notre président ne peut souffrir que le successeur des apôtres soit un adversaire du roi Très Chrétien. Il fait des vœux pour le succès de la cause de son maître et souhaite ardemment que ses triomphes lui permettent « d'assoir celuy qu'il voudra sur la chaire de Saint Pierre » *. Aussi, de le voir partisan des « Doms-Diègues bas*annés », Mainard, malgré les démonstrations d'amitié que le pape lui prodigue, lui en garde une secrète rancune. Une fois, à Montecavallo, sa passion l'emportant sur la prudence, il lut au Saint- Père une épigramme où perce un reproche moqueur ». Nos voisins voudraient t'amener à fulminer contre notre roi : ces catholiques trop zélés

Ont une probité si grande Qu'ils croyent quavecque raison, Ils pourront te mettre en prison, Si leur intérêt le demande'.

Sa Sainteté feignit de ne pas entendre la malice et, en excellent diplomate, complimenta le poète sur ses vers.

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