‹ Le poète François MainardChapitre 161 sur 375 · Ed. Garriss., t. IU, p · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. IU, p

Le spectacle offert par la Cour romaine prêtait à un esprit lucide matière à d'ironiques réflexions. En dépit de Fonction des paroles, de la gravité des gestes, de la pompe des vêtements, Mainard discerne les mobiles cachés des actions et ces mobiles, comme ceux de la commune humanité, sont souvent vils et bas. D'un coup d'œil pénétrant, il saisit sur les visages les traces des mouvements secrets de l'âme : « Le pape se porte bien et les vieux cardinaux sont malades, depuis qu'ils le voyent monter à cheval avec la disposition d'un jeune homme qui voltige sur un cheval de bois. Ce fut le mardy de Pasques, jour de N.-Dame ; ou toutes les règles de la physionomie sont fausses, ou il y a plus loin d'icy au premier conclave que d'icy à la conclusion de la paix générale1 ». On peut opposer à ce gai tableau les âpres eaux-fortes l de Joachim du Bellay, et notamment le sonnet \ à juste titre célèbre, où l'auteur des Regrets a buriné, d'une main ferme, les visages blêmes des courtisans vêtus de pourpre, épiant chaque crachat du pontife malade. On peut opposer encore aux plaisanteries innocentes de Mainard les attaques violentes que Rabelais a dirigées dans le Quart livre de son Pantagruel contre Y « isle des papimanes », les « Uranopètes Décrétales » et la « mirifique pantoufle ». Notre auteur n'avait pas l'humeur sombre et chagrine de Joachim et, à l'encontre de maître François, n'avait aucun motif de se livrer à des charges à fond contre la Cour de Rome. S'il aime le roi, il est profondément attaché à l'Eglise catholique. Ressemblant à ces braves bourgeois qui, pour faire leurs Pâques et aller à la messe, ne laissent pas de se gaudir sans méchanceté de leur curé, les railleries du président sur le pape et sur les cardinaux sont dépourvues de fiel.

Au fond, Mainard est profondément religieux et l'air dej Rome (( augmente sa dévotion au lieu de la diminuer 4». A lai

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