‹ Le poète François MainardChapitre 17 sur 375 · Cf. Baudelaire, Les Fleurs du mal. Bénédiction · texte numérisé non relu

Cf. Baudelaire, Les Fleurs du mal. Bénédiction

3. Cf. Ronsard, Poème à l'ierre l'Escét, et Régnier., Satire IV à Mol in.

i. Ces vers sont extraits dn ms. 8i3, f° 142 de la Bibliolli. de Toulouse. Mainard y a écrit la première version de son ode à Richelieu, éd. Garriss. t. III, p. 192.

entendu parler de la fortune*du poêle royal Hugues Sàlel, nalif do Gazais dans le Qucrcy, à qui François Ier avait donné pour ses chants royaux, ses églogues et surtout pour sa traduction en vers de l'Iliade, honneurs, bénéfices et pensions1. E^ la gloire des cahorsins Clément Marot, couché sur les états du roi de France et sur ceux de la reine de Navarre, et Olivier de Magny, secrétaire de Henri II, notoire dans tout le royaume, était particulièrement grande dans le Quercy. Pour peu que Gëraud eût tancé son fils, celui-ci aurait pu lui apprendre qu'un sonnet avait rapporté à Desportes l'abbaye voisine d'Aurillac a, et que des amusements regardés d'ordinaire comme frivoles avaient valu à son auteur préféré quarante mille livres de rente. La poésie était pour l'avocat sans causes qu'était Mainard à cet âge, non seulement le seul moyen d'échapper au terre-àterre des discussions du prétoire, mais aussi la seule perspective qu'il eût de quitter la carrière où, contre son goût, il venait de s'engager et dont il aurait été heureux de sortir. Son aîné avait succédé à la charge brillante de son père ; on lui avait taillé la part du lion dans l'avoir paternel ; il avait épousé une femme riche. L'avenir qui attendait ce cadet de bourgeoisie parlementaire, était de devenir un pilier du Palais, de s'accointer, afin de se créer une clientèle, avec les procureurs et les praticiens, et de leur laisser pour leur peine la meilleure part de ses honoraires'. Une fois qu'il aurait accompli son slage de trois ans, il aurait pu, en se mariant, trouver le modeste pécule nécessaire à l'achat d'un office dans un siège subalterne — les grosses dots et les belles situations étant réservées dans le monde de la robe à ceux qui, comme son frère Jean, avaient la chance de bénéficier de la primogéniture. Combien plus sédui-

1. Lacoste. Hist. du Quercy, publ. p. L. Cjmbarieu et F. Cangardel. Calijrs, 1 883-1886, t. IV, pp. 07-98.

2. L'abbaye pour un sonnet devait être celle d'Aurillac, échangée plus tard contre celle des Vaux de Cernay, dit Micbiels (Introduction citée, p. xxxix) qui pense que Desportes la reçut eu don de Henri II en 1581, à l'occasion du mariage d'Anne de Joyeuse, le favori du roi. M. Brunot {p. c, p. i, note) donne 1388 comme date à laquelle Desportes. fut gratifié de l'abbaye d'Aurillac.

3. V. sur les avocats de cette époque, le ebap. sur Les auxiliaires de la justice, Avocats, Procureurs, Huissiers dans le liv. III de l'ouvrage de M. d'Avenel. IixcJielieu et la monarchie absolue, Paris, 1884.

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sants étaient les mirages de fêtes, de luxe et de gloire au milieu desquels son imagination juvénile lui représentai! la vie des poètes à la Cour. Les guerres civiles qui, pendant son enfance, avaient déchiré le pays, venaient de prendre lin. Nul doute que dans l'ère de prospérité qu'annonçaient les débuts du règne de Henri IV, on allait cultiver les arts comme on l'avait l'ail sons la dynastie magnifique des Valois; à l'exemple de Charles IX, Henri mettrait l'art de l'aire des vers à un plus haut prix que celui de régner. Les poètes allaient de nouveau être choyés et admirés. La tentation d'acquérir du nom el destrésors^ (Hait trop forte pour (pie le jeune Mainard y résistât longtemps. \e soyons pas surpris si, bientôt, nous le voyons figurer à Paris parmi les artistes et les gens de lettres du cortège brillant de la reine Marguerite de Valois.

1. Cf. le sonnet Auprès du grand Henry, éd. Garriss., t. II. |». 23î>.

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