I. — Mainard, secrétaire de Marguerite de Valois
a. Collaboration du poète et de la reine Margot. Cercle des gens de lettres de l'hôtel de Sens. Mainard disciple de Desporles j et de Bertaut.
b. Composition du Philandre, poème pastoral. Modèles de Mainard : I Les changements de la bergère Iris de Lingendes et \eSireine d'Urfé. Erreurs bibliographiques au sujet de l'impression de ce dernier ouvrage. Traits caractéristiques du Philandre.
c. Stances que Mainard composa à l'occasion de l'assassinat, de Saint-Julien, amant de la reine Marguerite. Le poète quitte sa protectrice. Camaraderie avec Laugier de Porchères.
IL — Mainard, élève de Malherbe.
a. Malherbe à l'hôtel de Sens. Sa rupture avec Desporles. Mainard I passe dans le parti du réformateur.
b. Les premiers disciples de Malherbe. Son enseignement. Profit j que Mainard en tire : premières versions des Regrets comparées avec celles du Parnasse de 1607. Malherbe condamne le i Philandre de son écolier. Une conséquence fâcheuse des relations du poète avec son nouveau maître : Malherbe l'encourage j à faire des Priapées.
c. Régnier attaque la nouvelle école. Brouille et duel de Mainard I avec son ancien ami.
III. — Les protecteurs qu'il se fait à la cour de Henri IV. Bassompierre, le comte de Carmain, etc. Mainard « caressé » par Henri IV. Pièces en l'honneur du roi et sur sa mort.
Les historiens de la reine Marguerite ' , comme les biographes de Mainard, ont tous parlé des fonctions de secrétaire que le
i. Mongez, Hist. de la reine Marguerite de Valois. Paris, 1777, in-8". Saint- Popcy, Hist. de la reine Marguerite. Paris, 1886. Deux volumes in-8°. Ch. Merky, La reine Margot et les derniers Valois, Paris, 1904, in-8.
poète remplit auprès de l'épouse divorcée de Henri IV. Mais ils ne sont pas d'accord sur les circonstances dans lesquelles Mainard fut présenté à cette princesse.
Est-ce que ce fut à Usson, en Auvergne, vers 1603-1604, comme le conjecture Saint-Poney?1 On sait qu'en octobre 1;>8.'>, chassée par les bourgeois d'Agen, irrités de ses accointances avec les ligueurs, la reine Margot avait erré pendant un an de ville en ville, poursuivie partout par la haine de Henri III, son frère. Enfermée par ordre du roi au château d'Usson, elle arriva bientôt par ruses ou par promesses à faire <|iiitter la place à son gardien et devint de la sorte maîtresse du donjon. Elle fit de cette imprenable forteresse, que le « bon et fin renard" » Louis XI avait bâtie au milieu des rochers et des montagnes de l'Auvergne, afin d'y détenir ses prisonniers avec plus de sûreté qu'à Loches ou à Vincennes, comme une sorte de lieu de refuge de la poésie et di^ arts. Les poètes, les musiciens, les philosophes accouraient dans ce château, où ils étaient sûrs de recevoir bon accueil et larges récompenses. Ainsi, pendant l'époque troublée des guerres de la ligue et pendant les pénibles commencements du règne de Henri IV, l'entourage lettré el galant de l'auguste châtelaine d'Usson répandit quelque peu l'éclat de la cour magnifique de Henri II et de Catherine de Méclicis.
Saint-Poney avance que ce furent les Noailles qui recommandèrent Mainard à la reine Marguerite. Cette supposition est ingénieuse. Henri de Noailles, comte d'Aven, lieutenant général de la haute Auvergne, contrée où se trouvait la résidence de cette princesse, avait la plupart de ses biens dans la vicomte de Turenne ', dont faisait partie Saint-Céré, lieu de naissance et de retraite du conseiller Géraud de Mainard, père du poète. Nous savons bien qu'en 1596 Noailles fait valoir à