Lettre CCXXXII
6. Voir cette lettre dans notre étude sur les Originaux du « Barbon » de J. L. Gue; de Balzac dans la Revue d'histoire littéraire de la France, janvier-mars 1908,
à partie par YAdvis aux curieux sur les communiai lion s dé Du Moulin et de Balzac (février-mars 1633), opuscule de François de Harlay, archevêque de Rouen. Sous le coup de la colère provoquée par la lecture de cet injurieux factum, l'épistolier avait écrit la missive en question, dans laquelle il décrit son adversaire : controversiste et théologien arrogant, infatué de sa science mal digérée et lâchant coup sur coup de gros et ténébreux volumes. Ce crayon est le premier « état » du Barbon de Balzac, satire en prose des pédants de l'époque, ou plutôt des pédants adversaires de l'auteur1. Mainard s'empressa de recopier la lettre de son ami2, d'abord, parce qu'il tenait en grande estime tout ce qui sortait de la plume du rbétoricien et qu'il prenait ses épîtres pour modèles; en second lieu, parce que le portrait du théologien, tel que Balzac l'avait tracé, lui offrait le sujet d'une pièce de vers.
Depuis 1626, époque à laquelle il avait donné dans l'anthologie périodique de Du Bray la satire d'un « méchant' » ainsi que la peinture comique d'un hobereau de son voisinage, tranche-montagnes moustachu et pacifique', Mainard était harcelé par ses amis, Flotte en tête, pour qu'il composât des a caractères ' ». Vers 1635 notamment, les exigences de son « confident » ne lui laissaient plus de répit. Le poète avait déjà exécuté, en s'inspirant de Martial, la charge du « nouvelliste » qui pique la curiosité des gens pour se faire inviter à dîner'1 et tourné en ridicule un « magistrat de province », qui semble avoir été un subalterne avec lequel le président!
1. Paru en 1648 seulement, in-12, à Paris. —Nous avons démontré dans l'étude citée ([ne seule la première partie du Barbon visait ¥v. de Harlay ; que la seconde s'appliquait au philologue Fr. Guyet, un assidu des conférences du Cabinet des) frères Du Puy et que l'auteur n'a lancé contre Pierre de Montmaur, le professeur de grec du Collège de France, qu'on a cru être le seul original de cette satire, que les deux petites pièces de la fin.
2. Cf. ms. 843 de la Bibl. de Toulouse, f° 241 verso, 213 recto.